Avec Penelope Cruz, Blanca Portillo, Lluis Homar et Jose Lui Gomez Pathé Distribution – 20 mai 2009 – 2h09
Et ta critique ?
Après trois ans d’absence à l’affiche, el cador du cinéma espagnol, Pedro Almodovar revient. Seul ? Non. Mêmes acteurs, mêmes obsessions et mêmes décors. Quand un auteur s'ennuie...
Dans la file d’attente, on appréhende un peu les deux heures à venir. Pourrons nous tenir le coup face à la redite d’un cinéaste adulé ? N’a t on pas mieux à faire qu’une sortie ciné pour revoir le même film ? Almodovar a vraiment le défaut de se répéter.
Ce n’est pas pour rien que Pedro est devenu l’incontournable réalisateur Ibérique. Rien ne ressemble plus à un Almodovar qu’un Almodovar.
Le scénario ne surprend plus. Pourtant il n’est pas simple. Un auteur aveugle, nommé Harry Cain, qui en fait s’appelle Mateo, est hanté par le souvenir de Lena. Quien es Lena ? Lena era la novia de Mateo. Pour ceux qui ont séché les cours de LV2 de madame Murat, rattrapage !
Lena c’était la petite amie de Mateo, de Harry/Mateo. La sublime femme vivait au crochet d’un roi de la finance bien plus âgé qu’elle. Voulant devenir actrice, elle contacte Mateo. A l’époque il est réalisateur. Il la caste et l’embauche.
Coup de foudre immédiat entre Matéo/Harry et Lena. Le vieil homme laissera-t-il partir Lena ? Plutôt simple, les liens familiaux viennent encore mettre le bordel dans l'intrigue.
L’histoire oscille entre le passé trouble et le présent pathétique du cinéaste aveugle. Seuls les flashbacks sont intéressants. Le reste étire le film vers des longueurs impardonnables. La mini intrigue qui se déroule dans le présent est le prétexte d’une catharsis. On l’oublie vite, à un tel point que la résolution de l’intrigue, n’intéresse plus du tout.
Almodovar mise tout sur ses comédiens pour cacher son désintérêt pour l’écriture. Il aime ses acteurs. Penelope Cruz est sublime comme d’habitude. Chez l’auteur de Tout sur ma mère, elle révèle une maturité étonnante. (Ceci est valable uniquement pour les films de Pedro : voir Bandidas ndlr).
Bien accompagnée par la team Almodovar, elle confirme une fois de plus l’amour fou du cinéaste pour la féminité.
Son film est beau. Il convoque avec des clins d’œil, les fantômes des légendes hollywoodiennes, des grands mélos américains, des comédiennes grandioses et de son propre cinéma réalisation. Le résultat séduit les sens mais seul les amateurs apprécieront l’autocitation. La mécanique est si bien huilée qu’il n’y a plus de plaisir.
Des petites vacances feraient un bien fou au réalisateur : un vrai besoin de renouvellement et d’originalité se fait désormais sentir.