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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Etre et avoir

Etre et avoir

Nicolas PHILIBERT

Avec George Lopez et sa classe - Les films du losange - 28 août 2002 – 1h44

Et ta critique ?




Nanars, chefs d'oeuvre, séries B, curiosités... Etat Critique vous offre une rétro de la décennie écoulée tout en dvd! Ce sont les vacances mais on retourne tout de même à l’école.


Georges Lopez est instituteur dans un petit village du Puy de Dôme. Sa quinzaine d’élèves se répartit en trois groupes plus ou moins homogènes : les petits (maternelle), les moyens (CP et CE1) et les grands (CM1 et CM2). Et tout ce petit monde cohabite tranquillement, ou à peu près, cependant que Nicolas Philibert vient planter sa caméra au milieu de la troupe studieuse pour nous offrir près de deux heures de pur bonheur.

Ramassage scolaire matinal, cohabitation difficile quelquefois, apprentissage laborieux, patience angélique d’un instituteur passionné… Au fil des saisons, nous voyons ces enfants apprendre, évoluer, mûrir à leur rythme avec leurs qualités et leurs défauts.

Et, si tous les enfants sont attachants, de véritables personnalités émergent rapidement, au premier rang desquels un extraordinaire petit Jojo (qui d’ailleurs se paye l’affiche du film) qui plusieurs fois nous fera éclater de rire par sa fausse naïveté, son aplomb ou son sens de la répartie (je vous recommande particulièrement la séquence de la photocopieuse !).

Entrecoupé de scènes de la vie rurale quotidienne, Etre et avoir est le film de la normalité, de la simplicité et du temps qui passe doucement, sans frénésie, sans bruit, sans stress. La vie n’est pas forcément facile au cœur du Massif Central, mais elle est à des années lumière de la trépidation citadine.

Ici les enfants ont une oreille attentive et patiente à leur disposition. Le maître prend le temps d’expliquer, d’aider, de comprendre, de parler avec chaque enfant. Il prend le temps d’écouter, de jouer, d’emmener les enfants faire de la luge l’hiver ou pique-niquer l’été. Il prend la peine de sortir les pupitres dans le jardin quand les beaux jours reviennent. Il prend le temps de faire de ces enfants des adultes.

Jamais ennuyeux, jamais didactique ou donneur de leçon, le film de Nicolas Philibert est totalement lumineux, humaniste et passionnant. On ne se lasse jamais des regards d’enfants qu’il capte à leur insu, de leurs difficultés à apprendre à lire, à écrire, à compter.

Il semble nous donner à voir une dernière fois un monde en train de disparaître. L’année prochaine le maître partira à la retraite et sera remplacé… ou non.


Joel Fomperie

© Etat-critique.com - 01/08/2009