Groupe surpuissant de Josh Lhomme, Queens of the Stone Age approfondit sa recette originale d’un rock décomplexé et très électrique. Les novices seront surpris mais surtout ils seront rapidement conquis.
Car Queens of the stone age vaut mieux que son nom de série Z à la Roger Corman. Ce groupe californien, depuis 1997, a mis en place un rock fou furieux et profondément nouveau. Il est désormais essentiel pour tout ceux qui veulent entendre un peu de nouveauté. L’album Song for the deaf restera tout simplement comme une date importante dans l’histoire du rock.
Car Lhomme et sa bande d’énervés fuient les canons du hard et les sons commercialement acceptés. Leur musique ce n’est pas Lynyrd Skynyrd, ce n’est pas Guns’n’roses, ce n’est pas du punk californien ou ce n’est pas du hardcore écorché.
C’est autre chose. Un magma sonore aux mélodies accrocheuses et une énergie sèche et rageuse. Un mélange de blues survitaminé qui aurait tout compris du ton hypnotique des musiques électroniques.
Era Vulgaris assure donc ce savant mélange de modernité et de délire rock. Mal remis du départ de Mark Lanegan sur l’album Lullabies to paralize, Lhomme retrouve tout son charisme et surtout le charme de ses principes particuliers.
Les premières notes d’Era Vulgaris sont élégiaques mais rapidement le son s’électrise et le rythme rappelle cette fausse nonchalance qui fait le charme du groupe. Le second titre balance sévèrement grâce aux riffs fascinants de quelques guitares ronflantes. Bien sûr, la finesse n’est pas le fort du groupe mais sur cet album, comme sur Song for the deaf, la surprise vient de la qualité mélodique de l’ensemble. Les rockers savent ménager leur énergie pour servir des musiques élégantes (Into the hollow, Make it wit Chu, Suture up your future, Running Joke) et profondément rock’n’roll.
Cet album dépense toute son énergie à s’échapper des sentiers battus. On penserait presque à Mike Patton, chien fou du hard et amateur d’expérimentations souvent réussis ! Car finalement Queens of the stone age trouve toujours la note juste pour sonner différemment, pour tenter, l’air de rien, de nouvelles choses, pour amener de la singularité, là où l’on pense qu’il n’y a plus rien à entendre. Vive l’âge de pierre !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 01/07/2007