Moscou, 1953, Hiver. Un garçon d’à peine 5 ans est retrouvé mort déchiqueté sur une voie ferrée, le train de marchandises de nuit lui et passé dessus...
Leo Demidov, agent reconnu et zélé du MGB – la police d’Etat chargée du contre-espionnage – se voit chargé de l’affaire car le gamin décédé est le fils d’un de ses collègues. Père qui, justement, ne croit pas à l’accident, pour lui c’est un meurtre.
“Ce jour-là, son héroïsme et son entrainement militaire ne lui serviraient à rien. Il n’avait pas affaire à un ennemi. Juste à un collègue, à un ami cruellement éprouvé. Il s’agissait toutefois d’une action intentée par le MGB et ce père endeuillé en était la cible. Prudence. Pas question de se laisser fléchir par les sentiments qui aveuglaient Fiodor. Cette hystérie mettait en danger une famille respectable. Si on ne les faisait pas taire, ces rumeurs de meurtre prolifèreraient comme du chiendent au sein de la communauté, déstabiliseraient ses membres, les inciteraient à douter d’un des principes fondamentaux sur lesquels reposait leur nouvelle société : la délinquance n’existe plus.“
Leo va donc peser pour que la famille change d’avis. Mais une autre enquête parallèle va lui insinuer le doute. Mais le doute, à cette période, ce n’est pas une bonne chose, et Leo va en faire les frais.
Ce premier roman de l’anglais Tom Rob Smith est une réussite. L’ambiance est parfaitement rendue, le livre est lent comme les progrès de l’enquête (le pays est vaste, les moyens bien plus limités qu’aujourd’hui, l’appareil d’Etat très lourd) et, même si on est pas transporté par le style, la reconstitution est minutieuse, la paranoïa entretenue par ce système qui n’avait pas son pareil pour broyer les hommes fait toujours aussi froid dans le dos et le retournement final bien amené.
Christophe Dupuis
© Etat-critique.com - 18/10/2009