Le théâtre du Tambour Royal donne jusqu’au 7 mai un spectacle de très grande qualité, trois contes intitulés « En passant par Maupassant ». Seul sur scène, Xavier Fahy y est absolument épatant.
Il y a dans Paris de ces petits théâtres qui sont de pures merveilles. Maurice Chevalier a débuté il y a plus de 100 ans dans ce café-concert tout simple de Belleville et bien d'autres célébrités y sont passées ensuite. Au Tambour Royal, c’est une tradition : on est assuré de passer un bon moment, qu’il s'agisse de jazz, d’opéra ou de chanson française. Des artistes hélas peu connus mais largement à la hauteur des célébrités parisiennes y défilent.Tous font preuve d’un grand professionnalisme.
Xavier Fahy ne déroge pas à cette règle. Au premier abord, lorsque ce jeune homme arrive sur scène, sur un air évoquant les guinguettes de la fin du XIXe siècle, sa silhouette semble fluette, fragile même. Et pourtant, très vite, il irradie. Le premier conte, assez inquiétant, lui permet de jouer sur plusieurs registres. Éclairages rougeoyants, musique forte, cette histoire va crescendo jusqu’aux pas de danse flamboyants, époustouflants du final. Car Xavier est aussi un danseur, talentueux, léger, aux pas précis et à la maîtrise impeccable.
Le deuxième conte, « Menuet », renforce cette impression. Cette histoire est si délicate, touchante, qu’on en est véritablement ému. Xavier interprète à merveille le jeune étudiant nostalgique et les deux vieux danseurs de menuet, héritiers d’un passé à jamais aboli. Là aussi, il exécute à merveille un menuet élégant et impeccable.
Quant au troisième, « Mouche », il évoque ces canotiers qui furent sans doute les acolytes de Maupassant dans sa jeunesse, ainsi que les charmantes cocottes qui les accompagnaient, joyeuses et peu farouches. Il imite d’ailleurs à merveille cette jeune femme aux mœurs légères, usant d’une gamme subtile d’expressions, de sons, de grimaces, de sourires.
Grâce à ces trois contes, le grand Guy, dans sa folie comme dans sa gaieté, revit pour notre plus grand plaisir.
Marie Léon
© Etat-critique.com - 26/04/2010