Les habitués de Steve Carell retrouveront avec plaisir le casting de 40 ans, toujours puceau dans cette variation iconoclaste de la construction familiale. Un peu conformiste, le film conserve son humour si particulier.
Tout le monde connaît les effets d’une soirée un peu trop arrosée. Aussi Alison, jolie blonde travaillant pour une chaîne de télévision people, se réveille un matin avec la bouche pâteuse, un fort mal de crâne et des souvenirs vagues de la veille. L’inconnu ronflant dans son lit la rappelle à la réalité.
Lui c’est Ben, canadien ventripotent dont le projet professionnel se résume à fumer de l’herbe avec ses colocataires dans l’espoir de monter un site Internet sur la nudité des vedettes de cinéma. Si le destin ne les aurait jamais rapproché, l’alcool s’en est chargé.
Après avoir rangé cette expérience dans la case des mauvais souvenirs, Alison tente de passer à autre chose jusqu’à ce qu’un (supposé) heureux événement vienne bousculer sa vie bien rangée. Malheureusement pour elle, Ben a aussi décidé de s’occuper de sa future progéniture et c’est en couple qu’ils devront affronter les terribles étapes de la grossesse.
La comédie qui joue sur les incompatibilités entre les deux apprentis tourtereaux qui n’arrivent pas à construire leur nid fonctionne bien malgré quelques baisses de régime de temps à autre. Avec des personnages assez bien brossés, la gentillesse est pourtant trop facile pour être honnête.
En effet, le caractère bonhomme joue un effet pervers au réalisateur car il prive le film de petits moments de méchanceté qui auraient permis à cette love story du troisième type d’être plus savoureuse. L’improbabilité du couple (non pas qu’elle soit trop belle pour lui… quoique) renforce trop le côté fictionnel aux dépens de l’aspect humoristique avec des situations un peu trop difficiles à avaler.
Le couple marié qui sert de mauvais exemple absolu assouvit heureusement ce besoin de cruauté et donne lieu aux répliques les plus drôles du long-métrage. Parallèlement, le célibat s’est ici doté de ses meilleurs représentants avec la bande de potes de Ben à la limite du surréalisme intellectuel. Entre ces deux extrêmes, on comprend finalement comment le couple peut fonctionner.
Après deux heures de plus ou moins fines galéjades, on s’attendrit de la jolie morale qui ne mettra pas tout le monde d’accord, mais au moins ne fâchera personne. Car dès que les américains parlent du berceau familial, on sent tout de suite que l’on peut moins rigoler.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 08/10/2007