Entrez dans le monde de Benjamin Fincher. Ellis Island est un album autoproduit entre folk et pop à écouter d’urgence.
L’EP nous avait déjà séduits. Voici enfin le 1er album de Benjamin Fincher. Branchez votre casque et écoutez cette alchimie sonore. Peu d’albums se réécoutent avec plaisir, celui-là en est un ! Des vibrations électro, du sampling, du piano électrique mélangés à de la guitare folk qui accompagne quasiment tous les morceaux de l’album. Du violoncelle, des textes anglophones ciselés qui collent à la rythmique et la voix de Jean-Baptiste Bec proche de la tessiture de Nosfell qui vous portera inévitablement vers des songeries. Voilà des ingrédients connus mais qui ici s’accordent avec merveille pour donner un album magique entre son rétro et modernité technique.
Joli projet que cet Ellis Island qui prend le temps de poser ses musiques et ses voix. Voilà un album qui a « un son » comme on dit entre musiciens. Tout est maîtrisé et savamment distillé pour laisser à l’esprit l’occasion de s’évader. Le groupe lyonnais Benjamin Fincher mixe l’album, et quel mix, entre l’été 2006 et l’été 2007 entre Lyon et la Drome dont les musiciens sont originaires : Sebastien Goguey de Selar (autre groupe lyonnais) à la basse, Thomas Viallet à la batterie, Vincent Vial à la guitare électrique (et chœurs), Emma au violoncelle et Jean-Baptiste Bec qui fédère tout ça, à l’écriture et au chant. Le mastering a été fait par Wild Audio à Valence.
Inspiré par Elliot Smith, dont le timbre vocal est assez proche, Benjamin Fincher aime les ruptures acoustiques. Fermez les yeux et écoutez « Calico Sky » pour vous en convaincre avec un début au clavier-électro batterie d’une minute qui s’ouvre ensuite sur une ballade acoustique pour reprendre ensuite sur une cadence plus enlevée avec des gimmicks plus qu’efficaces, promenade acoustique de la main sur le manche de la guitare en contre point, le tout en quatre minutes quarante. Du temps pour rêver et aérer les notes. Et si « Why We Were Wrong » attaque plus franchement l’électrification des notes, quarante secondes après, les fréquences s’apaisent, 1’50’’ idem.
La voix n’est pas en reste. « Lowell » ou « Escape Lane » entre voix chuchotée à l’oreille et chœurs à la tierce vous fera décoller vers un grand bonheur. Where’s does she leave ? répétée en boucle sur fond de claps de main pour percussion fait son effet et la résolution du morceau arrive avec une ingénieuse évidence. Envolée lyrique des voix vers l’aigu, violoncelle qui fait des ravages. Coup de cœur à écouter en boucle, les titres méritent d’être connus.
L’écriture des morceaux est très diversifiée même si l’ensemble se tient par l’effet contemplatif qu’il procure. Jean-Baptiste Bec a une voix qui attrape nos pensées. On se laisse volontiers embarquer pour Ellis Island. On ne peut qu’être admiratif du travail fait par les cinq lyonnais. Une autoproduction de grande qualité. Bravo. L’album est en vente numérique sur www.reshape-music.com. Un petit bijou.
Quelques titres sur Myspace.
Sébastien Mounié
© Etat-critique.com - 25/12/2007