Nos voisins anglais ont le chic pour nous dégoter des petites chanteuses qui ont en plus le bon goût d'avoir de vraies et fraîches personnalités.
Au pays du girl power et du groupe de filles complètement formaté, voir naître des artistes atypiques, qui en plus ont quelques tubes dans leurs poches, fait toujours son petit effet.
Eliza Doolittle est beaucoup moins ridicule que son nom. Comme Lilly Allen et beaucoup d'autres, elle s'impose en deux notes en affirmant un caractère fort et un sens inné de la ritournelle qui vient se coller directement dans votre mémoire.
A la manière d'une Duffy, d'une Adele ou d'une VV Brown, la jeune brune a visiblement beaucoup écouté de (bons) disques et connaît sa pop sur le bout des doigts. Comme ses aînées, la pop semble très naturelle chez elle.
A 21 ans, enfuie de Camden, elle se raconte sur des petits chansons écrites avec une verve plutôt dansante. Acidulées, ses chansons ont le mérite de ne pas être écoeurantes. Elle joue sur une voix joliment éraillée. Les mélodies balancent avec une allégresse assez rare finalement sur un disque. Eliza Doolittle, c'est la joie de vivre.
Son premier disque profite d'une naïveté bienvenue et d'une orchestration rieuse. Elle récite sa petite leçon de soul pop avec un grand sourire et une envie perceptible d'en découdre.
Comme sur sa pochette, tout cela est un peu foutraque, les couleurs réjouissent et réconcilient avec l'univers très académique de la pop.