Il n’y a pas que Kusturica qui a le droit d’admirer Diego Maradona. L’Amérique latine aime la star du ballon rond et le cinéaste humaniste Carlos Sorin rend un joli hommage, simple et plein d’espoir au peuple sud américain. Un beau voyage.
A partir de samedi, l’actu va tourner autour du football. On va retrouver nos arbitres, nos stars, nos têtes de turcs, nos bières et nos vilaines habitudes de supporters chauvinistes. On va désespérer nos compagnes et on va se plaindre des milliers de fautes d’arbitrage.
Le football tire t il vers le haut l’individu ? Grande question qui peut trouver une réponse dans El camino de San Diego. En tout cas, ce film peut faire une pause intelligente entre deux matchs commentés par Thierry Roland et un footballeur à la retraite.
En tout cas, bien avant que Emir Kusturica s’intéresse à la star de l’équipe d’Argentine, Carlos Sorin avait déjà observé la folie Maradona avec un petit film simple, proche du documentaire. Réalisateur bienveillant de Bombon el perro, Carlos Sorin continue, caméra à l’épaule, de proposer un cinéma chaleureux et faussement ingénu.
Tati vit dans la forêt avec sa famille. Grand naïf, Tati perd son emploi de bûcheron mais jamais l’espoir. Il fabrique avec une racine de bois un statue à l’effigie de Maradona, son idole.
Lorsqu’il apprend que l’idole est à l’hôpital, Tati décide de prendre la route pour rejoindre Buenos Aires. Sur son chemin, il fera des rencontres exotiques…
Et souvent pittoresques ! La passion pour le numéro dix de Boca Junior et de Naples effacent les querelles et les différences entre les personnes. On craint vite pour le petit héros, candide et pauvre, parti pour un long périple. Heureusement sa foi en Maradona lui apporte la sympathie.
Sorin n’est pas un politicien mais aime tendrement ses personnages et le moindre petit rôle. Son film, sans grands moyens, réchauffe et rappelle quelques vertus du foot, sa douce folie et le rêve qu’elle peut susciter.
Minimaliste comme les autres films de l’auteur, le film profite de la spontanéité des situations et du charme des protagonistes. En tout cas, on est bien loin de l’esbroufe de la Fifa et ce film est bon pour la paix dans les ménages. Une trêve idéale pour tout le monde.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 03/06/2008