Amateurs de folk joliment déprimé, réjouissez vous (mais pas trop non plus) : Chris Garneau a une belle voix et des idées sombres !
Un accordéon s’étire jusqu’à la tristesse. Des cordes tendent un spleen évident. Une lenteur suppose que ce disque ne sera pas marqué par un humour débridé. Chris Garneau a une voix fragile, androgyne et aime les ambiances spatiales, tout en harmonies.
Le premier morceau confirme une pochette noire presque lugubre (un petit personnage seul avec des chats… youpi, c’est la fête). La seconde chanson est une sorte de musique de carnaval, glauque mais mélodieuse. L’aspect joyeux est ambigu, tout comme le titre : Dirty night clowns.
Pianiste de formation, cet Américain a grandi en Europe et a conservé un goût évident pour le baroque et l’étrange. Il emprunte beaucoup à la folk et apparaît rapidement comme un cousin sensible de l’exalté Sufjan Stevens.
Comme tout bon songwriter, Chris Garneau arriverait à faire pleurer le plus belliqueux des néoconservateurs républicains. Toutes les chansons dégagent une mélancolie incroyable.
On ne s’amuse pas dans l’univers de Chris Garneau : on ressent l’hiver glacial, l’isolement et on a très envie de se faire une tisane en écoutant ses chansons. Heureusement le jeune homme de Boston a une voix assez touchante.
Il sort ainsi un peu du lot (en vrac, Rufus Wainwright, Antony & the Johnsons, Elliott Smith…) avec une voix enrouée et profonde. Il y a une vraie grâce à l’intérieur de ses chansons tristes.
Cependant cette ambiance gloomy a du mal à se différencier des autres, plus illustres. Le talent est évident mais il nous plonge dans un style trop familier, trop maniéré mais heureusement, trop musical.
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Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 25/09/2009