Ca fait longtemps, que le cinéma d’horreur explique aux spectateurs de ne pas se promener dans les bois ! Les rencontres ne sont pas toujours agréables. Ce film anglais défend de manière radicale cet avertissement !
Jenny, maîtresse d’école, part à la campagne avec son petit ami, Steve. Ils sont jeunes. Ils sont beaux. Ils sont presque riches. Ils détonent rapidement avec les habitants du village où ils se rendent.
Là bas, les hommes sont rustres. Les femmes éduquent les mouflets à la dure. Toute cette ambiance transpire une odeur de bière et de violence. Notre petit couple a vite fait de s’échapper dans leur douce carrière, au bord d’un magnifique étang.
Mais les mômes du coin traînent sur la même plage et taquine les citadins. De provocations en incompréhensions, la tension monte rapidement. La simple lutte des classes se transforme en affrontement sauvage.
La délinquance est un vrai problème britannique. A Londres, il faut se méfier des coups de couteaux. Les meurtres d’enfants par d’autres enfants font la une. Bref, l’Angleterre s’interroge sur sa jeunesse et ce petit film s’empare du problème pour une sanglante randonnée.
En utilisant les codes du survival, sous genre à la mode en ce moment, le réalisateur James Watkins (scénariste de la suite de The descent) profite des réalités sociales pour renouveler le genre. Par son réalisme apparent, le film est beaucoup plus flippant que Détour mortel ou La colline a des yeux.
Certes, le film, par son budget, n’a pas la virtuosité d’une série B américaine mais il dégage une vraie tension rendue crédible par des personnages qui n’ont rien d’extraordinaire. La réalisation filme une violence aveugle sans retenue, la replaçant dans un contexte social connu.
Comme les deux protagonistes, le spectateur est malmené. Mais ce combat entre deux générations et deux classes sociales a le grand mérite de ne pas se cacher derrière un second degré qui aurait fait retomber la tension. C’est un cinéma direct, brutal (un poil complaisant) et intense.
On a vraiment pitié pour la toute belle Kelly Reilly (L’auberge espagnole, Les poupées russes) harcelée de toute part et obligée de se vautrer dans les pires recoins d’une forêt humide.
La visite de Eden Lake n’est donc pas de tout repos, elle est surtout à conseiller aux amateurs de marches forcées et musclées.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 09/10/2008