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Jeudi 09 Février 2012Livre

 Ecolocash (une écologie de circonstance)

Ecolocash (une écologie de circonstance)

Alice AUDOUIN

Editions Anabet - 144 pages

Et ta critique ?




Alice Audoin présente la vie d'une Parisienne arriviste. Sous couvert de cynisme et des clichés, on réalise que le développement durable reste un business confortable pour une grande partie des entreprises.


L’auteure de ce premier roman, responsable du développement durable au sein d’une entreprise d’achat d’espaces publicitaires, sait donc de quoi elle parle. A travers trente chapitres de deux ou trois pages, la romancière narre la vie d’Emilie Ebelmen, une Parisienne trentenaire évoluant dans un cabinet de conseil. De sa démarche pour devenir responsable du développement durable à sa chute, on découvre la vie d'une arriviste.

L'auteure semble régler ses comptes avec sa profession et son proche environnement, où les arrivistes semblent aussi nombreux que nos émissions de CO2. On comprend d’autant mieux le sous-titre de ce roman : "Une écologie de circonstance".
 
Derrière le cynisme de la plume, on découvre la difficulté d'une citadine mariée à un consumériste pour changer radicalement de vie. La réduction des émissions de CO2 étant le seul moyen de sauver la planète, on note que le changement brutal d’habitudes met aussi un couple en péril.
 
"Etre écolo, c’est aimer la nature, non ? Je n’aime ni la nature ni les arbres ni l’herbe verte, alors je fais quoi ? Je ne peux pas jouer l’écolo sans connaître la nature. Le poste exige une vraie expérience de l’environnement, il faut bien que je me la crée !", précise Emilie au début du roman. Mais à quel prix ?
 
Alice Audouin caricature à l’extrême et c’est pour ça qu'Ecolocash plaît. Tout le monde en prend pour son grade : du chef d’entreprise au militant écolo complètement déconnecté en passant par le responsable communication qui cherche à se faire un maximum d’argent tout en soignant son image "verte".
 
De précieuses informations se glissent dans ce livre qui se lit en deux heures. Neuf litres d’eau sont par exemple nécessaires pour produire une bouteille de soda. A méditer à l’heure de la désertification.


Thomas Delavergne

© Etat-critique.com - 03/03/2008