Depuis la mort de Kurt Cobain, Dave Grohl s’est éloigné de l’univers torturé de Nirvana. Il s’est révélé un leader charismatique pour un groupe sans prétention, bloqué sur une idée très fixe du rock efficace. Gentiment régressif.
Orphelin de l’idole du grunge, Dave Grohl, batteur de Nirvana a fait son deuil en créant les Foo Fighters, groupe de rock énervé où il prit la place de chanteur et guitariste. Au fil des albums, le bonhomme s’est imposé comme un artiste plaisant et sincère.
Les albums des Foo fighters ne resteront pas comme des œuvres définitives et rénovatrices d’un rock que l’on dit en résurrection permanente. Après le départ du guitariste Pat Smear (aperçu sur le crépusculaire Unplugged de Nirvana), Foo Fighters est devenu une machine à hits, des tubes très électriques et entêtants.
Dave Grohl et ses Foo connaissent la formule pour faire remuer un stade ou une foule de jeunes rebelles. Ils l’appliquent à la note. Des riffs imparables, une voix hurlante et des ruptures de ton pour faire prendre la sauce à un rock gargantuesque.
Bien entendu, tout ceci n’est pas très raffiné mais cela se révèle très puissant. Chaque morceau de bravoure respire l’énergie brute et authentique. Grohl, adolescent attardé, poursuit son rêve d’un rock dégraissé d’angoisses et salvateur pour les nerfs. Nirvana est un vague souvenir. Conscient de ses limites, Grohl se réserve à une formule gagnante et qu’il travaille avec passion.
Les quatre premières chansons devraient être des classiques dans les concerts sautillants du groupe. Ensuite les plages plus calmes surprennent. On trouve des influences plus pop dans cet album. Il y a même quelque chose de très british dans la fin de l’album. Le disque est plus ouvert que les précédents.
Cette ouverture rend le groupe plus accessible et plus réfléchi. Il y a de toute manière une raison très simple d’écouter cet album au titre trompeur : pour le silence et la grâce, ce n’est pas ici que vous trouverez ce genre de qualités, ce disque est parfait pour se jeter contre les murs et danser sur son lit. Un plaisir oublié, décérébré mais réel !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 22/11/2007