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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Echo park L.A.

Echo park L.A.

Richard GLATZER et Wash WESTMORELAND

Epicentre film - 2006

Et ta critique ?




Sorti en toute discrétion, ce film social démonte les préjugés sur la communauté latino de Los Angeles. Sans avoir l’air d’y toucher, les deux auteurs de Echo Park L.A. offre une belle chronique sur la différence sans niaiserie ni grandiloquence.

 

 

 


Au début, on se croirait dans un de ses films de ghettos. Dans un quartier pauvre de Los Angeles, on reconnaît facilement la population latino à ses codes et ses rites près spécifiques. La Quinceaňera fête le passage à l'âge adulte des filles. Magdalena réunit donc sa famille pour l’occasion. Tout va bien jusqu’à l’arrivée de Carlos, un cousin de l’adolescente. Il est rejeté. Avec ses tatouages et ses manières de voyou, c’est mérité.

Sauf que l’on découvrira un peu plus tard que le jeune homme est renié parce qu’il est homosexuel. C’est le sort réservé aussi à la pauvre Magdalena qui tombe enceinte par enchantement. Elle rejoint alors son cousin chez son oncle Thomas, un vieil homme d’une gentillesse connue de tous.

Echo park LA est un film rude et violent à l’image de la communauté latino. Ce n’est pas une violence de gangsters. Nous ne sommes pas dans Colors. C’est une violence sourde basée sur le rejet  et le poids de la famille. A la manière d’un documentaire, Richard Glatzer  et Wash Westmoreland observent avec justesse les petits gestes qui en disent plus que les solennels discours.

Le sort des deux adolescents est douloureux et proche du chemin de croix. Et pourtant les réalisateurs parviennent aussi sans misérabilisme à capter ces moments de tendresse et de complicité. Ils éclairent sur l’espoir qui permet aux plus démunis de continuer à regarder devant eux.

Echo park LA est une œuvre rude tout en distillant une vraie sensibilité, touchante et inédite dans ce genre de cadre. Il est vrai que l’on est curieux de comprendre Carlos, petite frappe teigneuse mais homosexuel esseulé. On se laisse avoir par l’attachement du vieil oncle pour son quartier de toujours. Même le personnage casse gueule de l’immaculée conception est crédible. Ce trio se sert les coudes devant une société bornée et cruelle.

En suivant les codes du documentaire, les deux auteurs hissent le mélo à des hauteurs inattendus, avec une facilité déconcertante. Echo park L.A est un beau film, il est fortement conseillé de s’y promener.

 

 


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 19/10/2011