Un barbu chante la nature, l'amour et l'amertume. C'est une habitude désormais de découvrir le folkleux du mois. Est ce une bonne habitude ?
James Vincent Mc Morrow est prêt pour nous refaire le coup de Damien Rice, l'Irlandais le plus malheureux du revival folk. Comme son compatriote, James Vincent Mc Morrow a une voix magnifique. Elle n'a aucun problème pour se percher à des hauteurs inattendues. Pour la situer, on est obligé de citer Jeff Buckley ou Eddie Vedder, ce qui évidemment, met un peu la pression.
Pour son premier disque, l'Irlandais fait tout de même dans l'humilité. On pense donc que son disque a été réalisé au fond d'une cabane dans le Wyoming. Il a bien fait passer un fil électrique sous la porte pour brancher en tout discrétion une guitare électrique. Autrement c'est bel et bien du folk classique, très américain et qui ne débouchera pas les oreilles.
C'est joli. Les instrumentations ne sont pas désagréables. Il y a des choeurs féminins. La sécheresse de la guitare nous renvoie à nos souvenirs de cowboys en culottes courtes. Il y a une belle harmonie musicale qui pourrait faire penser à un barbu céleste comme Richard Thompson, fondateur des très champêtre Fairport Convention.
James Vincent McMorrow impressionne par sa maitrise de son sujet mais hélas le coup de coeur n'y est pas. Cela tourne un peu à la démonstration. Damien Rice était démonstratif mais cela fonctionnait bien. Ici, les arrangements sont calibrés pour la radio et refusent toute inventivité. Il a du talent mais pas beaucoup d'imagination.
L'ennui ne pointe jamais mais il a beau avoir un nom un peu longuet, le chanteur nous rappelle tous les types que l'on a cité dans cet article. Son disque donne l'envie de retrouver quelques vieux disques de notre jeunesse. Il se retrouve un peu à l'étroit, entouré de toutes ses figures qui on marquait le genre.
Il va falloir faire preuve d'un gros caractère dans les mois à venir...
On veut bien y croire !