La découverte de Wynton Marsalis est devenue la grande référence du jazz. Revenant à des bases authentiques, il signe Earfood, un grand disque de jazz spontané et finement joué par un quintet de choc.
En quelques mots dans le livret, Roy Hargrove explique clairement l’ambition de son nouvel album : donner une idée forte de la cohésion qui peut apparaître sur un morceau de jazz avec ses musiciens. La symbiose entre les forces en présence !
Ils sont costauds les amis de Roy Hargrove. Ces derniers accompagnent le trompettiste dans ses tournées. Il est né entre eux des affinités que cherchent souvent l’amateur de jazz sur scène. Ce moment où l’improvisation vérifie cette impressionnante cohérence entre les musiciens.
"Earfood" possède de nombreux moments qui donnent la chair de poule. Les morceaux ne sont pas très originaux. Hargrove est loin de ses habitudes expérimentales avec The RH Factor. Pas de funk ou de hip hop. Juste du jazz, académique et élégant. La couverture du disque donne le ton : Hargrove en contre jour dans une chambre. Il convoque la classe et la nonchalance des illustres anciens.
Il résiste aussi à la comparaison. Aidé par le pianiste Gerald Clayton, il se permet treize morceaux harmonieux où le zazou se révèle un artisan lumineux et inspiré. L’osmose dans le quintet embobine des chansons qui ne s’échappent jamais vers le démonstratif et le trop plein d’ambition.
C’est un disque qui a du cœur. C’est une ode à l’amitié musicale. Le plaisir se partage entre les musiciens mais aussi avec les auditeurs. On redécouvre des qualités que l’on avait un peu oublié. On parle bien trop souvent de la technique et peut être pas assez de l’émotion. Ce disque est un excellent rappel à l’ordre.