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Dimanche 05 Février 2012Cinéma

 E.T

E.T

Steven SPIELBERG

Avec Henry Thomas, Dee Wallace Stone, Drew barrymore et Peter Coyote - Universal - 1982

Et ta critique ?




Comme un rubik's cube, Etat Critique va tortiller les années 80 pour trouver toutes les pépites de cette décennie qui a transformé le cinéma. On décolle tout de suite avec ET.


Difficile de ne pas commencer cette longue investigation des années 80 par le champion de cette décennie. Je crois que ET est le seul film qui a fait pleurer mon père. Il a fait pleurer toutes les générations. Cela devrait continuer un petit moment.

ET est le film qui a installé Steven Spielberg au sommet d’Hollywood. Il n’en descendra plus. Jusqu’à Jurassic Park (de Steven Spielberg), ET sera le film le plus rentable du cinéma avec 700 millions de dollars de recettes.

ET a battu tous les records mais le plus important reste sa manière unique de s’installer dans les consciences et dans les cœurs. Rarement un film a eu autant d’impact émotionnel que ce film de science fiction pour petits et grands.

Ce n’est pas gagné forcément. Spielberg avait déjà fait correctement le travail sur le thème des extraterrestres gentils avec le lumineux Rencontres du troisième type. Il pensait même au début du projet à un film d’horreur avec des aliens qui remplaceraient les fantômes dans une maison habitée par une famille américaine. Il conservera ses idées pour Poltergeist.

Le réalisateur pousse alors un peu plus loin son concept révolutionnaire d’extra terrestre pacifiste, pas du tout communiste et encore moins envahissant. Notre pauvre ET n’est pas très content de se retrouver seul, coincé sur la Terre. Le FBI est déjà à ses trousses lorsqu’il se pose sur notre planète.

C’est finalement en confondant la fiction pure (ET) et le monde de l’enfance (Elliott) que Spielberg découvre la formule gagnante. Depuis La Guerre des Etoiles, les plus jeunes sont devenus une cible privilégiée des studios. Avec ET, c’est l’assurance que ce filon peut être inépuisable.

La vérité qui est racontée sur l’enfance et ses angoisses est troublante. C’est bien elle qui nous empêche de nous attarder sur ce gros pingouin de l’espace qu’est ET, personnage d’une laideur folle et qu’il serait juste ridicule filmé par quelqu’un d’autre.

Bien plus que la mésaventure christique de l’extra terrestre (il revient d’entre les morts tout de même), c’est toute la fine analyse de Spielberg sur la solitude d’un enfant qui nous va droit au cœur. Tout le monde se reconnait dans les doutes et les peurs du petit Elliott, joué parfaitement pas Henry Thomas, loin des gamins têtes à claques.

L’arrivée de la créature augmente ses frayeurs qui s’exacerbent avec l’intrusion violente des adultes. Seule la mère est un élément rassurant. Et encore la solitude la ronge elle aussi. Le Monde de l’enfance est sacré pour Spielberg et il peut jouer ainsi avec la nostalgie des adultes et un vrai réalisme pour les plus jeunes. Trente ans plus tard, le film conserve une force inouïe.

Jamais cynique, inspiré par les contes (Peter Pan, le petit poucet), ET va lancer une mode et des carrières. Elle va permettre à Spielberg de fonder son studio pour produire des projets qui continueront à s’intéresser aux plus jeunes (Gremlins, Retour vers le futur, Les Goonies…). L’air de rien, juste en voulant passer un coup de fil, ET a transformé l’industrie du cinéma et a su parler à tous ! Pas mal pour un pingouin de l’espace.

Phrase culte : ET téléphone maison !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 01/09/2010