Comment sont nés Les trois mousquetaires ? L’historienne Simone Bertière raconte la genèse du célèbre roman, et de ses suites, à travers un passionnant making of.
Simone Bertière nous apprend que Dumas est arrivé au roman un peu par hasard.
Au début des années 1840, c’est un auteur dramatique en perte de vitesse. Après avoir connu le succès avec quelques pièces, dont le fameux Antony -acte de naissance du romantisme-, il peine à se renouveler. Surtout, il a besoin d’argent.
Pour faire face à ses créanciers mais aussi pour entretenir ses maîtresses, leurs enfants, et les parasites qui gravitent autour de sa personne.
Dans le même temps, la presse est en plein essor grâce aux progrès de l’alphabétisation, à ceux de la technique en matière d’imprimerie, à la baisse du coût des journaux ….Un nouveau lectorat apparaît, issus de la moyenne et petite bourgeoisie, que l’on décide de fidéliser en faisant paraître des récits en tranches. Les grands auteurs de l’époque sont démarchés : Balzac, George Sand, Chateaubriand...
Balzac se lance avec La vieille fille. Mais le public veut des émotions ! Ce qui marche c’est Paul Féval et plus encore, Les mystères de Paris d’Eugène Sue.
Sollicité par Emile de Girardin, responsable du journal La Presse, Alexandre Dumas relève le défi et décide de faire mieux qu’Eugène Sue. Il y réussit et publie en quelques années, dans plusieurs journaux, parfois simultanément, ses plus beaux romans.
Il est amusant de constater que les principaux chefs d’œuvre de Dumas sont nés du souci de ….gagner de l’argent. Le livre de Simone Bertière nous apprend plein d’autres choses encore et fourmille de nombreuses anecdotes. Ainsi, Dumas ne pouvait pas souffrir Balzac. Il n’aimait pas l’homme et reprochait à l’écrivain ses interminables descriptions. Plus tard, il reconnaîtra la beauté de La comédie humaine et s’efforcera même d’intégrer ses propres romans dans un cycle.
Simone Bertières remet également quelques pendules à l’heure : non, Maquet n’était pas le « nègre » de Dumas ! Il n’écrivait pas les livres mais rédigeait une trame et fournissait la documentation. Ce pauvre Maquet n’aura pas la gloire de Dumas et en concevra une certaine amertume.
Vous l’aurez deviné, ce livre est réjouissant. et donne une envie furieuse de se (re) plonger dans l’œuvre de Dumas père.
Gilles Sendek
© Etat-critique.com - 30/01/2010