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Mercredi 23 Mai 2012Livre

 Du bon usage des catastrophes

Du bon usage des catastrophes

Regis DEBRAY

108 pages - Gallimard

Et ta critique ?




En pleine tempête économique, lire du Régis Debray sur le catastrophisme, ca fait sourire. Des références partout pour un souci de prévention hélas conventionnel!


La lecture du dernier Debray c’est un exercice périlleux. Le bonhomme est vénérable et sa culture explose les limites du scolaire et du politiquement correct. L’écrivain est ouvert d’esprit et même ici sa science part dans tous les sens. Toute inspiration s’embarque dans son court traité. Musique, ciné, lecture, arts, on l’attend dans prochainement dans nos colonnes pour chroniquer tout ce qui sort. Il ferait un très bon chroniqueur chez nous !

Puisqu’il est question de catastrophe, il cite bien évidemment la Bible. Il emprunte aux Juifs, aux musulmans et aux chrétiens. Les monothéistes sont fortiches pour se poser une épée de Damoclès sur le front et en avoir peur !

Son bouquin  est un petit manuel pour survivre dans nos sociétés qui usent et abusent du symbole du désastre. Les prophètes sont nombreux et très différents pour nous promettre le pire ou tout simplement la fin du monde.

L’Occident décline. Les bourses s’écroulent. La Nature botte le derrière de l’humanité à coups de séismes ou de typhons. Nous sommes tous des habitants de Babylone face à l’Apocalypse. Tout va mal.

Face à la tragi-comédie de notre époque, Régis Debray nous demande de faire attention. Les catastrophes entrainent trop souvent une faillite morale alors qu’elle doit être un rebond. La peur provoque l’ethnocentrisme alors que l’universalité, valeur occidentale, et l’émotion que suscite le désastre devrait triompher.

Le petit malin qui sera apte de parler ainsi sera le prophète idéal selon Debray. Pas besoin de peur ou d’utopie, l’homme a faim de savoir et il faut l’amener vers le maximum de culture. Hélas, Debray a noyé sa démonstration dans des références folles et trop multiples. Généreux, il devient touffu. Ce n’est pas toujours facile de le suivre.

Manuel d’apprentissage, la pensée de Debray empêche une pleine adhésion Mais un livre qui propose de vous élever n’est jamais mauvais !

Petit message perso: pas terrible le bandeau de Gallimard "armez vous" qui rappelle bizarrement le traité de Stéphane Hessel...


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 29/08/2011