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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Dreamgirls

Dreamgirls

Bill CONDON

Et ta critique ?




Adaptation d’une comédie musicale de Broadway, Dreamgirls avait tout pour séduire. Le mélange de soupe et de «soap» est aussi surprenant que très indigeste.

Le générique de fin affirme la triste vérité sur Dreamgirls. Le générique rappelle tout simplement ceux de Dallas ou de La croisière s’amuse. Bill Condon, l’auteur du film, surprend.

 

Il nous avait gratifier de deux excellents films, God & monsters (sur le réalisateur de Frankenstein, James Whale) et Kinsey. Il paraissait l’homme de la situation pour adapter une comédie musicale inspirée de la vie des Suprêmes et du studio Motown. Le résultat n’est vraiment pas à la hauteur du talent du cinéaste.

 

Il est facile de deviner ce qui a pu lui plaire dans cette histoire. L’ambition, l’individualisme forcené, l’aveuglement, voilà des thèmes que l’on retrouve dans les autres films et qui sont présents ici. Hélas, le cinéaste ne gomme jamais le coté guimauve du projet.

 

Il aurait dû fuir les canons de la comédie musicale. Il préfère les assumer. Il y a donc de la couleur, de la danse et de la musique dans son film. Beaucoup trop. Pire, pour rendre hommage à la Motown et ses pépites, le film assomme à coups de chansons sirupeuses, pauvres ersatz clonés avec de la soul. Quand on évoque Diana Ross, pourquoi interpréter des chansons qui ressemblent à du Lara Fabian à la sauce groove ? Bill Condon aurait donc s’éloigner de la nature originale du projet.

 

Ce n’est d’autant plus dommage que le film ne cache pas la haute toxicité du show business. A ce niveau, Jamie Foxx compose un beau salaud et à l’opposé, c’est un vrai plaisir de revoir l’excellent Dany Glover, en vieux producteur dépassé. Mais pour montrer cet univers cruel, le cinéaste se plie à une intrigue digne d’un feuilleton avec son lot de passions, trahisons et possibles rédemptions. Ce devait être la vie fantasmée des Suprêmes, cela s’apparente à une version chantée et black de la famille Ewing. Finalement poser un regard critique sur une industrie tout en nous gratifiant de ce qu’il y a de plus placide actuellement, c’est se moquer du monde ou rater sa cible…  De toute manière, c’est étonnant de la part de Bill Condon.

 

Heureusement il y a de bonnes choses dans le film. L’interprétation est plaisante. Les hanches de Beyonce permettent d’oublier son jeu limité. La nouvelle Jennifer Hudson mérite son Oscar et Eddie Murphy peut être bon lorsqu’il ne joue pas les gros dans des comédies débiles. Le design du film est soigné et les fans de fringues vont se régaler. C’est peu ? Après Presque Célèbre, Ray et Walk the line, on avait le droit d’espérer mieux, il faut l’avouer !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 03/03/2007