Comment devenir une ame damnée du rock? Un très beau récit teinté de poésie! Une surprise!
Pas facile d’être un rocker. Un fidèle pratiquant du doom métal, musique qui peut facilement vriller les oreilles. D. aime cette musique et fait hurler sa guitare. Depuis la mort de sa petite amie, le jeune homme n’arrive qu’à s’exprimer au travers de son instrument.
Il ne peut plus jouer dans un groupe. Sa guitare peut être une arme dangereuse pour toute personne qui lui ferait des remarques. Sa douleur redouble avec la violence. Il a un trou au milieu du ventre. Un grand vide.
Un jour de tristesse, il branche sa guitare et joue pour sa bien aimée pensant avoir découvert une fréquence unique au bord de la mer. Le son se propage sur les ondes. La population est subjuguée par cette guitare lyrique et douloureuse. Les joueurs de metal jalouse ce mystérieux guitariste. Doomboy devient une légende urbaine…
D. s’en moque. Il compose au grès de ses atermoiements et le dessinateur nous promène entre création poétique et triste réalité. On reconnait toute la fureur qui peut abriter le rock le plus hurleur. D. est un héros maudit, frustré et radical. Une sorte de Kurt Cobain juvénile, caché sous une tignasse blonde, agrippé au chien de sa fiancée et à sa guitare.
Le dessin a de l’énergie. Il y a une vraie poésie qui se dégage de l’ensemble. Le trait est faussement léger. Les planches sont percutantes comme un riff. Il y a une hargne, autant dans le propos que dans la volonté de décrire l’inspiration malheureuse du pauvre D.
Tony Sordenval a l’art de mettre en scène les tourments. La mélancolie se mélange à la passion. Il y a un vrai souffle et une douce poésie. C’est une lecture qui rappelle nous doute de la jeunesse et le rassurant son qu’était une grosse tranche de rock’n’roll. Sans la musique la vie serait une erreur. Sans cette bédé, les amateurs de bédés ou de rock feraient une erreur !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 31/01/2012