La romancière Simonetta Greggio raconte comment l'Italie ne pouvait finir qu'entre les mains de Berlusconi.
Un vieil aristocrate au crépuscule de sa vie a besoin de se confesser. Le prince Malo a fréquenté tous les plus grands noms de l'histoire récente italienne. Il connaît ainsi des secrets obscurs de ce pays tourmenté.
Pourtant ses premiers souvenirs sont heureux. En 1959, Fellini triomphe avec son film La Dolce Vita. Ce n'était pas gagné: l'Eglise fut scandalisée par ce film fiévreux et désormais mythique.
Le prince Malo aimait cet art de vivre. Il apprécie cette fausse légèreté. L'Italie d'après guerre était naïve, enthousiaste et optimiste. Les deux décennies qui vont suivre feront déchanter la nation.
Car les affrontements vont se multiplier. Le prince Malo a vu la violence envahir la vie publique. La mafia, les brigades rouges, les fachistes, les politiciens et les terroristes vont mettre à terre tous les idéaux et cette douceur de vivre.
Malo explique, lors de ses confessions, la lente décadence du pays. Formellement, le livre rebondit entre la confidence du prince et les souvenirs courts et d'une redoutable efficacité.
C'est un peu répétitif hélas. Le procédé ennuie un peu même s'il éclaire sur cette Italie victime aujourd'hui un chef omniprésent et autoritaire. Astucieusement, les mémoires du Prince nous promènent dans des événements dramatiques qui installeront petit à petit les Italiens dans une résignation cynique.
L'arrivée au pouvoir d'un leader comme Silvio Berlusconi devient une évidence. C'est triste mais l'histoire de Malo croise les grands événements et les drames les plus intimes de l'Italie.
Cruel, le récit est une étrange descente aux enfers de tout un pays. Dolce Vita n'est pas un livre facile. Il donne envie de revoir le chef d'oeuvre de Federico Fellini et apporte une lumière nouvelle sur l'étrange destin de ce pays voisin, si loin, si proche!
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 20/01/2011