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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 District 9

District 9

Neill BLOMKAMP

Avec Sharlto Copley, David James, Jason Cope et Nathalie Boltt - Metropolitan - 16 septembre 2009 - 1h45

Et ta critique ?




Le bruit assourdissant des vuvuzelas vous casse la tête? L'un des meilleurs blockbusters de ces dernières années vient d'Afrique du Sud. Et vaut tous les matchs du Mondial!


Quand les extra-terrestres viennent sur Terre, généralement, ils essayent de la détruire, de l’envahir ou de piller une quelconque ressource dont leur planète est dépourvue. Alors lorsqu’il apparaît que ce ne sont que des exilés en errance dans notre système solaire, la confusion règne.

Pour ajouter à l’incompréhension générale, ce ne sont pas les États-Unis qui vont faire les frais de cette visite impromptue. Ainsi, c’est dans la belle ville de Johannesburg en Afrique du Sud que va être érigé un camp de réfugiés aux allures de bidonville alors que le vaisseau mère, inerte, flotte au-dessus de la cité.

Environ trois décennies plus tard, nous sommes en plein apartheid : les aliens sont mis au ban de la société et une organisation paramilitaire veille à ce qu’ils restent bien confinés dans une zone protégée. Malgré tout cela, la corruption, la violence et le racket sont devenus le quotidien de nos amis d’outre-atmosphère. Comme quoi, l’hospitalité humaine laisse un peu à désirer.

Sous la forme d’un documentaire, nous suivons un bureaucrate un peu trop motivé dans sa mission de relocalisation des immigrés intergalactiques vers un lieu plus tranquille et, surtout, moins visible. Loin des yeux…

Mais il devait bien arriver quelque chose d’imprévu, non ?

Passant d’un regard froid à une narration plus classique avec une telle finesse que l’on ne remarque pas les coutures, le récit gagne en originalité et en efficacité. La mise en abyme voulue pour poser un questionnement politique et moral permet également de créer une dynamique intéressante en donnant du relief aux personnages, autrement caricaturaux.

Tout dans ce film résulte d’un équilibre précaire entre action, humour et sentiments. On en vient parfois à se dire qu’il y a trop de choses pour que cela tienne la route. On est comme devant l’accomplissement d’un rêve de gosse. Ce qui n’est pas si étrange que cela dans la mesure où il s’agit d’une première " vraie " réalisation. Et pourtant, ça fonctionne parfaitement.

Le réalisateur, grâce à Peter Jackson, a eu carte blanche pour faire le film qu’il souhaitait. Et cela fait toute la différence. Avec des acteurs peu connus, des effets spéciaux parfois trop visibles et quelques défauts de jeunesse, on pourrait se dire que le long-métrage ne satisfera que quelques aficionados de science-fiction…

Grave erreur. La plongée est immédiate, le sous-texte politique donne au propos une universalité salutaire et il est difficile de s’ennuyer. Car, si le sujet est pris au sérieux, plusieurs séquences relèvent du pur plaisir coupable du film d’action défouraillant sévèrement, mais jamais gratuitement. Enfin si, mais à moins d’être hypocrite, ça fait du bien par où ça passe.

Neill Blomkamp se montre tout à fait capable de faire une œuvre loin d’être superficielle et qui ravira le plus grand nombre (à déconseiller aux âmes sensibles, certaines scènes frôlant tout de même le gore). Une vraie réussite qui consacre un réalisateur à suivre de près et qui redonne ses lettres de noblesse à un genre qui en avait bien besoin.

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Vincent Valat

© Etat-critique.com - 16/06/2010