À dix-huit ans, sans prévenir ses parents, Kasumi s'est enfuie de chez elle, quittant Hokkaido pour Tokyo, avec la ferme intention de ne jamais donner de ses nouvelles ni remonter à Hokkaido…
Elle s'y est tenue pendant quinze ans. Si elle accepte d'y revenir aujourd'hui, ce n'est pas par devoir familial, mais c'est parce qu'elle, son mari et leurs deux filles, sont invités en week-end par les Ishiyama, un couple d’amis qui vient d'acheter une résidence secondaire le long de la mer.
Kazumi accepte d'autant plus volontiers qu'elle est la maîtresse de M. Ishiyama. Mal lui en prendra, le dimanche matin, sa plus jeune fille Yuka, cinq ans, disparaîtra…
Ce second roman de Natsuo Kirino est aussi noir que le premier et tout aussi fouillé dans la psychologie des personnages et l'étude de la place de la femme dans la société japonaise.
La dérive de Kasumi, qui va chercher sa fille sans relâche, qui se sent coupable, le flic au bout du rouleau qui va lui filer un coup de main, leurs détresses mutuelles, donnent toute la dimension à ce grand roman noir japonais dont Natsuo Kirino est une des meilleures représentantes aujourd'hui.
Christophe Dupuis
© Etat-critique.com - 27/04/2007