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Vendredi 10 Septembre 2010Musique

 Dingue

Dingue

Emmanuelle SEIGNER

(Columbia - 2010)

Et ta critique ?




Encore une actrice qui a très envie de pousser la chansonnette ! Madame Polanski décompresse en bonne compagnie.

On est souvent dubitatif devant les albums d’actrices. On s’arme d’une bonne ironie pour ces caprices de comédiennes qui veulent prouver qu’elles sont artistes ou chanteuses.

Cela nous a offert des horreurs et des bonnes surprises. Cela nous rappelle à quel point Emmanuelle Seigner a une place à part dans ce genre. Car la compagne malheureuse de Roman Polanski a toujours été rock’n’roll. Elle aime jouer les écorchées vives. A l’écran, elle cachetonne rarement.

Elle a souvent chanté dans ses films et son hommage au Velvet Underground avec le groupe Ultra Orange n’était pas un accident de parcours. L’image rock lui colle à la peau. Ca lui va bien.

Sur son premier album personnel, elle apparaît comme une élégante copie d’une Nancy Sinatra. L’ambiance est aux années 60 et les jolies gambettes de la belle attirent le regard.

Emmanuelle Seigner a de bonnes références. Son mari l’a un peu aidée puisqu’il a bien connu les années 60 et ses turpitudes. Le son est vintage et elle répète la fausse candeur d’une femme fatale.

L’espièglerie est la bonne nouvelle de ce premier essai produit par Keren Ann. Celle qui avait sauvé Henri Salvador soigne l’animal artistique en face d’elle. Pop sucrée et tristes mélodies se succèdent pour un autoportrait plutôt convaincant. On appréciera particulièrement la simplicité de la chanson intitulée Emmanuelle.

En période de tempête médiatique, son duo avec Polanski sème le trouble obligatoirement. Cela prouve en tout cas que l’actrice se livre avec franchise et l’envie d’en découdre.

Les intentions sont louables et donnent des chansons plutôt agréables. Mais la production de Keren Ann aidée par Doriand, est parfois envahissante. Emmanuelle Seigner veut se livrer sans détour, or la musique imite trop la pop des swingin’ London.

Cependant ce premier disque trouve sa place dans la carrière de la comédienne. Et il aurait presque sa place dans une discothèque. On ne peut pas dire cela de tous les disques d’actrices !




Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 15/02/2010