Didier Super est affreux, bête et méchamment drôle. Un cynisme qui n’est pas du goût de tout le monde.
Didier Super a lâché ses musiciens (ou sont-ce eux qui l’ont-il lâché ?) ; il a abandonné la musique aussi. Il ne reste en effet que quelques chansons dans ce qui tourne plus au spectacle qu’au concert (le choix du Point Virgule en témoigne d’ailleurs).
Pour autant, Didier Super n’a pas abandonné son humour au vitriol : il tape sans honte et sans vergogne sur tout ce qui bouge et tout ce qui n’est pas « bien comme il faut » (c’est-à-dire bien blanc et bien beauf).
Est-il besoin de préciser qu’il ne faut surtout pas prendre Didier Super au premier degré ?
Didier Super dézingue apparemment les moins aimés. Il tape allégrement et férocement sur les noirs, les homos, les juifs, les trisomiques ou encore les arabes. Autant de sujets qui fâchent et que les humoristes évitent donc soigneusement ; autant de sujets qui ne sont que des cibles apparentes, la vraie cible de Didier Super étant toujours à chercher du côté des intolérants et des égoïstes (que nous sommes tous).
Didier Super fait rire, du rire jaune du regretté Desproges (si si, j’ose la comparaison !). Desproges était, paraît-il, fasciné par les bides, ces grands moments de solitude où l’humoriste atteint un sommet d’incompréhension avec un public qu’il met mal à l’aise.
Didier Super flirte sans cesse avec le bide (on hésite parfois à rire devant tant d’inpolitiquement-correct) mais parvient systématiquement à faire rire son public (du moins ceux qui restent !).
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Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 25/06/2008