L’ancien trio punk d’Oxford grandit et s’épanouit. Devenu quatuor, Supergrass se promène dans tous les genres et permet d’échapper aux drames qui suspendent aux groupes anglais.
Version humaine d’Alvin et les Chipmunks, Supergrass a déboulé au début des années 90 avec une candeur punk qui jurait agréablement avec la guerre que se livraient les champions de la pop, Blur et Oasis. Rapidement démarqué, Supergrass s’est ensuite affirmé grâce à une énergie incroyable et des albums qui ne respectaient pas beaucoup les conventions.
Capable de chansons rapidement exécutées, le groupe est aussi passionné par le psychédélisme et leur précédent ouvrage, Road to Rouen, était une excellente surprise et un vrai souvenir de musique ! Si vous ne l’avez pas écouté, dépêchez-vous !
Diamond Hoo Ha a le difficile honneur d’être le successeur du chef d’œuvre du groupe. Il fallait s’y attendre : Gaz Coombes et ses potes ont pris la tangente. On les retrouve vers une pop bubblegum, libertaire et un peu plus formatée que leur dernier effort.
Evidemment la déception pointe. Cependant le groupe rappelle à quel point il est doué pour tricoter des refrains accrocheurs et des chansons d’une efficacité redoutable. Sur la pochette, les musiciens singent les pochettes rétros : Diamond Hoo Ha appuie sur la partie irrévérencieuse du groupe et retrouve quelques vertus de l’espiègle premier album, I should coco.
C’est un disque volontairement léger où les auteurs s’amusent sans réfléchir. Ce sont des élégantes ritournelles, délicieusement électriques où le petit dernier du groupe, le frère du chanteur, semble s’éclater avec son clavier.
Cependant le disque ressemble un peu à une compilation de faces B inédites. L’une des chansons se nomme "Return of inspiration" mais cela fait plus l’effet d’une respiration. Sans compter, Supergrass se dépense. Mais sans trop se mettre en danger. Ils retrouvent les vertus de leur jeunesse.
Ils se montrent moins aventuriers qu’avant. Ce n’est pas le diamant que l’on attendait mais l’éclat éblouit toujours aussi avantageusement l’auditeur.