Dévolution, spectacle du chorégraphe australien Garry Stewart, est une plongée dans l'an 2000 des années 80 ! Un spectacle - à base de danse puissante, de machines fantastiques et inquiétantes et d'imagerie ringarde du futur - qui ne convainc pas.
Le spectacle commence par une très belle projection de corps emmêlés, enchevêtrés. Amas charnel qui se scinde à l'image de cellules se multipliant. La vidéo qui ponctuera le spectacle, signée Gina Czarneki, est sans doute ce qu'il y a de plus agréable et réussi dans Dévolution.
Derrière le voile sur lequel sont projetées les images arrivent une mêlée de danseurs puissants et androgynes, entourée (cernée) de silhouette métalliques et lumineuses. Très vite, l'imagerie du futur qui nous est présentée apparaît dépassée voire ringarde : les strings de cuir, les torses bodybuildés et glabres, les chorégraphies... tout semble tout droit sorti de Mad Max ; un Mad Max mâtiné de Terminator ou de Matrix avec son lot de machines terrifiantes et animées dont la respiration (le souffle des vérins hydrauliques) habite la scène sans réussir toutefois à couvrir une musique particulièrement assourdissante.
On se croirait dans une usine chaotique d'androïdes (ou plutôt de mantes religieuses) inquiétants et armés de projecteurs. Les machines semblent d'abord observer les humains passivement avant de les chasser puis de prendre possession de leur chair à l'occasion d'un corps à corps apocalyptique.
Stewart (en réalité Louis-Philippe Demers) développe de véritables trésors d'ingénierie et il faut reconnaître que les machines sont très impressionnantes. Malheureusement, et malgré la perfection des ensembles (tant entre danseurs qu'entre humains et robots), cette débauche de moyens techniques ne suffit pas à faire oublier que le propos est convenu (l'Homme dévoré par la Machine) et que la mise en scène est répétitive et au final...ennuyeuse.
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 15/11/2007