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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Deux jours à tuer

Deux jours à tuer

Jean BECKER

Avec albert Dupontel, Marie Josée Croze, Alessandra Martinez et Pierre Vanneck - Studio canal - 30 avril 2008 - 1h22

Et ta critique ?




Un cadre dynamique dynamite sa vie. Sur un point de départ assez intéressant, Jean Becker retrouve quelques ardeurs cinématographiques mais le symptôme de la saucisse Herta subsiste. Explications.


Antoine a 42 ans. Il a une femme formidable. Deux enfants qui dessinent de beaux avions. Il possède une boite de pub où il est le créatif en chef. Il a une grosse voiture qui va très vite. Il a beaucoup d’argent. Pourtant, il craque.

Il revend ses parts de l’entreprise. Il s’énerve contre sa belle mère, une vieille emmerdeuse et ca va être de pire en pire. Antoine est énervé contre son existence. Tout son entourage va trinquer. Le jeu de massacre débute.

Jean Becker, défenseur de la France du terroir depuis quelques films, trouve ici un sujet nouveau pour lui. Il filme la crise existentielle d’Antoine avec une hargne qui surprend. Au plus près, la caméra réagit aux colères noires du personnage.

Elles sont terribles. Comme d’habitude, dans un rôle border line, Albert Dupontel réalise une belle performance. Son agressivité va très bien à la folie d’Antoine. Le point culminant du film, un dîner entre amis où le héros dénonce les résignations bourgeoises, est un morceau d’anthologie. Le comédien frôle constamment le grotesque mais s’en sort à merveille.

La rage qui sert d’énergie au film surprend. Jean Becker aime les paysages ruraux et la simplicité des petites gens. Ca peut être reconnu comme réactionnaire. C’est surtout assez plan-plan. Ici, le cinéaste colle à la violence d’Antoine et Deux jours à tuer dénote dans la filmographie de Jean Becker.

Du moins, dans sa première partie ! Très vite, le coté publicité pour Herta revient à la charge. En exilant le héros dans un coin paumé de l’Irlande, Becker refait le coup de la campagne salvatrice, loin de ce monde surfait. Les valeurs y sont simples et belles, en contact avec la nature.

Dupontel lui déteste les hommes mais aime les chiens. Becker défend encore sa vision vieillotte et réductrice. Plus grave, le film tente de créer un suspense qui est très vite découvert si on est un peu malin.

Becker voudrait nous faire prendre de la hauteur avec cette crise de quadragénaire. Il le fait avec des moyens éventés. Après la surprise, vient la déception. Dommage.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 06/05/2008