La suite était inévitable et, en toute logique, elle fait dans la surenchère. Les dégénérés de la forêt reviennent et propose un maximum d’effets gore. Les amateurs apprécieront, les cinéphiles un peu moins !
Le premier épisode de Détour mortel était un amusant survival. Pas trop glauque, lorgnant sur une ambiance 70’s, le film pouvait se voir comme une relecture sanglante des contes avec de méchants ogres dans de sombres forêts. Détour mortel annonçait toute la nouvelle tendance du survival, de La Colline a des yeux jusqu’au récent franchouillard Frontière(s).
Le premier film avait du charme grâce à ses héros pas trop stupides et très attachants (le beau duo Eliza Dushku et Emmanuelle Chriqui), le second nous présente d’entrée, une fausse Pink, insupportable et bruyante. Perdue sur une route, elle va tomber bien évidemment sur les affamés des bois qui vont lui régler son sort en deux secondes et un grand coup de hache.
Cette scène d’introduction impose le style de ce second volet : les personnages sont si stéréotypés et fatigants que l’on veut rapidement les voir transformés en ragoûts pour rednecks abatardis. C’est la grande différence avec le premier et c’est aussi la faiblesse de cette séquelle faite pour la vidéo.
Un jeune producteur arriviste conduit donc des candidats dans la forêt pour qu’ils participent à un jeu de télé réalité. Il avait tout prévu sauf la présence d’une famille de culs-terreux défoncée aux produits toxiques. Ces derniers sont ravis de voir débarquer de la nourriture sur leur territoire.
Cela donne donc des meurtres particulièrement originaux mais on ne frissonne pas. On s’en amuse tellement les victimes sont énervantes, du bellâtre jusqu’à la bimbo. On se croirait presque revenu au bon vieux temps des ados libidineux massacrés par Jason dans les Vendredi 13.
Détour mortel 2 est donc assez indigne de son prédécesseur mais remplit largement sa fonction de survival avec des cannibales assez fortiches pour inventer des pièges très techniques et sanguinaires. Si le film ne fait vraiment pas dans la finesse, les monstres eux font preuve d’un certain raffinement dans sa barbarie. Une jolie contradiction qui fera toujours le sel de ce genre de spectacle, à réserver à un public averti !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 13/02/2008