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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Des vents contraires

Des vents contraires

Jalil LESPERT

Avec Benoit Magimel, Antoine Delury, Isabelle Carré et Ramzi Bedia - Universal - 14 décembre 2011 - 1h40

Et ta critique ?




Jalil Lespert aborde un sujet casse gueule au cinéma: la léthargie. Pourtant son film est une bonne surprise.


Alors oui, Des vents contraires a des allures de téléfilm régional! Alors oui, la triste mélancolie de la Bretagne déteint sur la pellicule! Alors oui, Jalil Lespert s'est fait avoir par la quiétude de Saint Malo. Pas d'avis de tempête ici. L'équipe technique a dû avaler une dizaine de galettes avant le tournage chaque matin. C'est d'un mou...

Pourtant cela colle bien au sort du personnage principal, Paul. L'homme est coincé entre le doute et la douleur. Son épouse a disparu. Sans laisser de trace. Depuis un an, il gère fébrilement ses deux enfants et une carrière d'écrivain qui prend l'eau. 

Largué, il quitte Paris pour Saint Malo où il récupère la maison familiale. Il y retrouve son frère qui lui propose du boulot dans une auto-école. Certains de ses élèves vont le marquer. Il fera des rencontres qui vont le marquer...

L'inertie du personnage est donc bousculée doucement mais sûrement par des personnages intrusifs mais souvent touchants. On aura une petite préférence pour Bouli Lanners, en looser optimiste, vivant dans son mobil-home.

Le film s'attarde sur ce type paumé et ses deux gosses forcément attendrissants. Ils tentent tous les trois de construire une vie "normale" alors que le destin ne leur fait pas de cadeau avec cette disparition incompréhensible.

Ce qui nous amène simplement vers une dernière scène magnifique où les adultes soignent comme ils peuvent la tristesse des enfants. En un seul plan, Jalil Lespert se venge de sa platounette réalisation avec une scène simple et poignante.

Elle excuse d'ailleurs les traits parfois un peu grossiers de certains caractères trop pathétiques comme le déménageur joué par Ramzi et le frère un peu pignouf interprété par Antoine Delury. Néanmoins on s'attache à ce petit film qui respire le bon air. En y repensant il aborde un sujet difficile sans tomber dans la sensiblerie démonstrative. Benoit Magimel est un peu meilleur qu'à son habitude (je plisse les yeux et joue avec mon menton). La Bretagne, même au cinéma, ca dépayse. Au contraire de l'avis du début de cet article, le second film de Jalil Lespert est un souvenir remuant!



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 23/12/2011