Le Grand Palais séduit les grands comme les petits avec une exposition sur le jouet, étonnante par son ampleur et sa diversité.
Plus de mille joujoux, de l’Antiquité à nos jours, sont rassemblés, de la poupée au nounours en passant par les voitures à pédales. Une joyeuse régression.
Au hasard des salles, on entend des papas expliquer doctement à leurs fils comment ils se servaient de leurs trains électriques, des mamans qui s’émeuvent en revoyant les poupées de leur enfance, des copains qui évoquent les soldats de plomb qu’ils collectionnaient. C’est certain, l’exposition consacrée aux jouets du Grand Palais fait des heureux, et pas seulement chez les enfants !
Il faut dire que l’événement vaut le détour ! Qu’on en juge : poupées antiques, poupées princières, baby-foot Barbie, trains, avions, bateaux, ours, automates, jeux vidéo, figurines en plomb ou en plastique, soucoupes volantes, arches de Noé et même un Père Noël dans un avion !
Voilà un rassemblement exceptionnel et totalement inédit par son ampleur. Au total, ce sont ainsi plus de mille jouets, de l’Antiquité à nos jours, qui sont exposés aux regards rêveurs, envieux ou nostalgiques des visiteurs.
« Des jouets et des hommes» présente en effet une histoire du jouet occidental et met en lumière son importance dans l’éducation de l’homme depuis sa naissance.
Mais elle souligne également les rapports que les enfants entretiennent avec le monde des grands. Longtemps, les petites filles ont eu des poupées, des dînettes, des mini-cuisines, des coiffeuses, bref la panoplie de la parfaite future ménagère.
Tandis que les garçons, eux, avaient des soldats, des voitures, des trains. Et pas question de mélanger les genres ! On les préparait d’emblée à leur future place dans la société.
D’ailleurs, est-ce que ça a vraiment changé ? Le monde du jouet est-il devenu plus mixte, plus « unisexe » ? Pas tant que ça, finalement.
Certes, les archétypes se sont un peu envolés au fil des époques, mais quand même, les petites filles s’identifient toujours davantage à la maîtresse d’école et les petits garçons au pompier. Le mimétisme est assez permanent et l’on trouve peu de ruptures dans l’Histoire, comme l’explique de manière précise et rigoureuse l’exposition. Qui offre, au détour de certains objets, de sacrées surprises, comme cet habit de prêtre et tous ces jouets autour du culte catholique. Ils ont été conçus et vendus au début du XXe siècle, lorsque le débat entre la séparation de l’Eglise et de l’Etat faisait rage.
Si l’on trouve de nombreux jouets fabriqués en série, certains sont des pièces uniques, comme la petite voiture du prince Andrew, réplique de l’Aston Martin de James Bond, qui en fait saliver plus d’un (e) par sa ligne impeccable. Le veinard…
Les ours en peluche, les chevaux de bois et les cirques s’offrent d’abord à nos yeux, puis c’est aux automates de nous surprendre avant de passer aux jouets très sexués, aux héros de science-fiction mais aussi à « Bonne nuit les petits » qui a fait vibrer tant d’enfants dans les années soixante.
Des tableaux, affiches, sculptures, films, jeux vidéo, clips, complètent ce panorama. L’artiste Pierrick Sorin, vidéaste décalé et espiègle, après un passage au Cent Quatre, prête son concours à cette manifestation avec beaucoup d’humour et d’inventivité.
L’exposition sera ensuite présentée à l’Helsinki Art Museum du 21 février au 20 mai 2012.
Marie Léon
© Etat-critique.com - 15/11/2011