De la SF comme on en faisait dans les années 70. C’est rigolo et ca chatouille sérieusement notre curiosité !
2047. Le seigneur des mouches cherche numéro un, le plus puissant des dieux. Maître des quatre élèments, il n’apprécie pas d’être tiré de sa réflexion par un dieu prétentieux. Un duel s’engage. D’autres dieux arrivent sur Terre pour apercevoir la fin du combat…
Sur Terre, les hommes cohabitent désormais avec les dieux, qui possèdent des pouvoirs extraordinaires et des pensées plus qu’ésotériques. Depuis la crise de 1929, ils se sont installés sur la planète pour observer la fin de l’espèce humaine, qui n’arrive plus à se reproduire.
Enfant du rock, cinéphile averti, le prolixe Jean Pierre Dionnet revient à ses premiers amours : la bédé. Il avait débuté chez Pilote et son plus célèbre fait d’armes restera la publication du magazine Metal Hurlant au milieu des années 70.
Trente ans plus tard, le style du scénariste n’a pas changé. On reconnait l’influence de Druillet et ses univers géométriques où l’on aime se perdre. On devine aussi l’ombre de Moebius avec ses dessins ambivalents où le grotesque se mêle au grandiose. Dionnet retrouve d’ailleurs au dessin, Laurent Theureau, collaborateur de Metal Hurlant. C’est un vrai revival de la science fiction des années 70.
Les dessins sont aussi sérieux que les personnages, stoïques et bavards pour lancer des phrases définitives sur le sort de l’humanité et l’ennui divin. Les combats sont spectaculaires. Le dessinateur utilise de grands espaces pour des querelles dérisoires.
Cette bédé semble venir d’un autre temps. Ce n’est pas du tout désagréable. Au contraire. On peut soupçonner Dionnet et son comparse de tenter un Watchmen à la française. On sera d’ailleurs un peu frustré par les premiers chapitres trop courts et interrompus ensuite par des coupures de presse sur l’arrivée des dieux dans notre monde…
Les jeunes lecteurs, amateurs de manga, trouveront cela très kitsch et pompeux. Les plus vieux s’amuseront de ses dessins d’un autre temps. Le ton est solennel. Le dessin est minutieux. Ca se passe dans le futur mais cette nouvelle saga nous renvoie dans un doux passé fait d’utopies merveilleuses et dangereuses…
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 22/03/2011