Pierrette Fleutiaux nous propose, avec sa sensibilité et son intelligence habituelles, le récit émouvant des dernières années de la vie de sa mère.
Pierrette Fleutiaux est un auteur à part dans la littérature française - avec peut-être Emmanuel Carrère dans un genre différent. Féministe, essayiste et romancière, elle a ce talent particulier de s'emparer de la vie réelle pour en faire des récits ou romans à valeur universelle. On avait dit ici le plus grand bien de son essai inspiré de la campagne électorale présidentielle de 2007 (La saison de mon contentement, Actes Sud).
Nous évoquons, aujourd'hui, le récit qu'elle nous livre des dernières années de sa mère, pensionnaire d'une maison de retraite de province dont elle ne sortira que gagner le cimetière tout proche.
Avec cette langue précise, exigeante sur le choix des mots, intransigeante avec la nécessité absolue de peindre au plus juste les émotions telles qu'elles sont ressenties, Pierrette Fleutiaux nous introduit à sa suite dans les couloirs sombres, les chambres tristes et le réfectoire si "dangereux" qui sont les lieux de vie (et bientôt de mort) d'une mère complexe, à la fois crainte et aimée.
Mélange de souvenirs du temps passé et des difficultés du présent, Des phrases courtes, ma chérie se lit comme une autobiographie à quatre mains dans laquelle elle(s) s'applique(nt) à rassembler les fragment d'une époque révolue pour mieux comprendre et aborder les épreuves nouvelles qui chaque jour doivent être affrontées.
Il y a beaucoup de nostalgie dans ces pages, mais rien d'idéalisé. Au contraire. Pierrette Fleutiaux sait parfaitement laisser de côté tout sentimentalisme facile pour se coltiner aux dures réalités d'hier et d'aujourd'hui. On lui en sait gré et on la lit toujours avec le même enthousiasme admiratif.
Jo Brumaire
© Etat-critique.com - 30/07/2011