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Mercredi 23 Mai 2012Art-scène

Des Femmes

Des Femmes

Wajdi MOUAWAD et Sophocle SOPHOCLE

23 novembre au 18 décembre 2011 Théâtre des Amandiers - Gennevilliers

Et ta critique ?




 

Les Trachiniennes, Des Femmes, Mouawad sous la pluie.

 

La nouvelle trilogie du metteur en scène Wajdi Mouawad commence par une pluie battante sur les acteurs et les musiciens réunis au milieu du plateau, à l’abri sous une bâche en plastique.
Caché par les autres personnages Bertrant Cantat commence à chanter sur un fond de musique rock exaltante.

 

L’œuvre est prometteuse. Malheureusement le reste ne va pas dans la même direction. Un décor laid, des lumières plates, un jeu faux et souvent déclamé avec des voix cassées nous plongent dans une déception sans point de retour.

 

La musique de Cantat, en revanche, continue à nous enthousiasmer. Mais cela ne suffit pas. La tentative de Mouawad de donner une nouvelle vie à Sophocle, à ses épiphanies et ses personnages sempiternels demeure inaboutie.

 

Les Trachiniennes se présente comme une tragédie lente et peu crédible, lointaine du public et de ses univers. Non que le théâtre doive penser au public pour se réaliser, mais si l’on veut reprendre un texte classique, pour que ce ne soit pas seulement le revival d’un chef-d’œuvre universel, cela doit au moins nous imposer une lecture, une vision, un éclat de poésie.

 

Puis on enchaîne avec la tragédie d’Antigone. Le portrait du monde des hommes - le monde du pouvoir et de la loi -, montré dans la pièce, nous captive un peu plus. Le roi Créon parle avec ses conseillers : quelqu’un doit être puni pour avoir enterré le corps de Polynice, malgré son interdiction. Ils sont assis et discutent de la punition appropriée à ce geste de révolte. La jeune sœur de Polynice, l’intègre Antigone, est déclarée coupable et assume courageusement sa faute vis-à-vis du roi, mais non pas des dieux.

 

Sur scène, le même décor qu’auparavant. Des costumes d’un goût discutable habillent les acteurs et la magie n'opère pas.

 

Tellement abattu par le manque d’inventivité et de direction d’acteurs, on est tenté de rejoindre l’extérieur.

 

En regardant autour de soi, on réalise que le public est composé de classes scolaires. Ce qui reste de Sophocle n’est plus, peut-être, qu’un héritage didactique, véhiculé par l’action. Rien de pire pour le théâtre.

 

Qui a pu admirer les amphithéâtres en Sicile, en Grèce, en Tunisie, et en tant d’autres lieux – et peut-être même y avoir vu des tragédies jouées au couché de soleil - a peut-être un meilleur plateau à imaginer en relisant les tragédies de Sophocle dans leur force originelle.

 

Celui qui a pu admirer les amphithéâtres antiques de Sicile, de Grèce, de Tunisie et dans tant d’autres lieux – et peut-être même y avoir vu des tragédies jouées au couché du soleil - a certainement à l’esprit, en relisant les tragédies de Sophocle, une autre vision des choses pour retranscrire leur force originelle.

 

www.nanterre-amandiers.com

www.wajdimouawad.fr/spectacles/des-femmes

 


Elena Gui

© Etat-critique.com - 20/12/2011