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Mercredi 23 Mai 2012Musique

 Derrière la porte

Derrière la porte

Jil CAPLAN

(Odéon - 2007)

Et ta critique ?




N’ayons pas peur des éloges. Jil Caplan vient de sortir son septième album et nous en restons ébahis. Derrière la porte est parfait quoique modeste. Ambitieux et abouti.

Pourquoi encore acheter un disque ? Pourquoi écouter pendant trente minutes ou une heure les efforts de quelqu’un qui déploie toutes les gammes de sa séduction pour vous envoûter ? Eh bien, une bonne raison est que les bons albums peuvent s’écouter, se réécouter, chaque nouvelle audition permettant à des subtilités d’apparaître.

Oui, on peut encore acheter un disque, à condition que son écoute s’apparente à la vision à chaque fois nouvelle d’un tableau qui change, dès que votre regard se porte dessus.

Derrière la porte, le septième album de Jil caplan est de ceux-là. On l’écoute. On le réécoute jusqu’à l’envoûtement. Ce sont onze titres reliés les uns aux autres, où les mots parlent de notre humaine condition, de la solitude, de l’angoisse et de la perte d’amour. Ces mots écrits par Jil Caplan sont intimement liés aux mélodies travaillées, ciselées par Jay Alansky. Ces mélodies sont autant sinueuses que simples.

On a le sentiment que Jay Alanski, dont le dernier album était un fourre-tout, est içi revenu à l’essentiel, au cœur-de-cible de nos sensibilités.

Pas une chanson à jeter donc. Mais en plus, une chanson Finalement qui est une des plus belles écrites en langue française une chanson qui est l’équivalent des Vieux amants de Jacques Brel pour nos jours contemporains.

Voilà le secret de la réussite : des textes dans lesquels nous pouvons nous reconnaître et dont la poésie, la musicalité flottent à équidistance de Prévert et de Verlaine. Une musique où les claviers martèlent accords majeurs et fugues mineures. Une musique entre comptine et élégie.

Mademoiselle Caplan, Valentine de votre vrai prénom, ca y est ! Vous y êtes arrivée. Vous avez réussi. J’espère pour vous que le succès sera au rendez-vous. Mais quoiqu’il en soit pour des personnes attachant de l’importance aux sentiments et à la musique, vous avez offert un bouquet de sensations et vous êtes la lumière au creux de la nuit. Vous êtes certainement belle et pleine de charme mais votre beauté intérieure est plus redoutable car elle nous ensorcelle.

Mademoiselle Caplan, peu importe le doute qui vous hante au moment où vous écrivez, vos auditeurs ne retiennent que la poussière d’étoiles qui s’insinue dans leurs pavillons auditifs.


Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 29/06/2007