"La dernière fois que j'ai vu mon père, il était habillé en gros lapin bleu et montait dans un fourgon de police, menottes aux poignets. Il y a six ans de ça, j'en avais onze."
Voilà comment débute l'histoire de Jimmy et de son père, Serge.
Toutes ces années en prison n'ont pas été improductives, en effet Serge y a passé un diplôme de projectionniste. Il a également monté un projet de subvention de cinéma itinérant en Ardèche.
Et il va demander à Jimmy de l'accompagner, ce qu'il va s'empresser d'accepter au vu de son inaptitude à s'adapter à l'éducation nationale. Tous deux vont beaucoup se rapprocher, et le cinéma va commencer à trouver ses habitués.
Un jour leur camion va tomber en panne à l'orée d'un bois. Jimmy part avec une lampe torche à la recherche d'aide. Il va trouver un château habité par deux étranges femmes, Diane et sa grand-mère impotente.
Ces dernières vont les aider et les héberger, en l'échange d'un petit service. La grand-mère demande à Serge de restaurer un vieux film.
Pendant ce temps Jimmy passe son temps avec Diane, qui est une jeune femme des plus mystérieuses. Puis tout va s'accélérer et Jimmy va être pris dans une histoire où se mêleront amour et merveilleux.
Pascal Garnier nous donne là un très beau roman pour adolescent, loin des thèmes habituels. La première partie est centrée sur la réalité, autour de problèmes très concrets. Puis il enchaîne doucement, inexorablement vers le fantastique, mais pas dans le fantastique tapageur. Il s'agit de quelque chose de très fin, une histoire qui tourne autour de Diane et de la peur de vieillir.
Un roman poétique et qui donne à réfléchir sur notre façon d'envisager l'influence du temps sur nos vies.
Claire Couthenx
© Etat-critique.com - 31/10/2007