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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Délice Paloma

Délice Paloma

Nadir MOKNèCHE

Avec Biyouna, Aylin Prandi, Daniel Lundh et Nadia Kaci Les films du Losange – 11 juillet 2007 – 2h13

Et ta critique ?




Grandeur et décadence d’une mafieuse algérienne ! Délice Paloma mixe un peu de Coppola avec beaucoup d’Almodovar. Sans trop de mal, le film parvient même à avoir une identité propre. Sensible et chaleureux.


Si le parrain se situe en Italie, la marraine, elle, a un accent algérien. Madame Aldjéria est polie, charmante et élégante. Il faut se méfier des apparences. Elle est devenue une bienfaitrice nationale ce qui veut dire qu’elle touche à des affaires peu légales. Pour quelques dinars, elle vous propose le coup de pouce qui réglera vos soucis personnels ou professionnels.

Madame Ladjéria a une petite équipe qui ressemble plus à une famille. Il y a Shéhérazade, camarade de combines qui supporte mal le temps qui passe; la silencieuse Mina, amie d’enfance ; Djaffar, jeune avocat corrompu et Ryad, le fils de madame Ladjéria, qui rêve de partir en Italie.

Ce petit groupe magouille en espérant rouvrir des Thermes perdues dans la campagne. En recrutant, la sublime et naïve Paloma, Madame Ladjéria va se lancer dans le coup qui provoquera sa chute.

Le schéma est classique et franchement un peu téléphoné. La présentation du système est passionnante mais le récit ne se sépare jamais des poncifs du genre. Heureusement le cinéaste apporte une humanité salutaire. En effet, les personnages sont réellement touchants. Pris dans le piège de l’illégalité, le clan se cogne à ses rêves et à ses désirs.

Le portrait des femmes est subtile et rappelle ce bon vieux spécialiste d’Almodovar. Ici, les femmes sont toutes différentes et pourtant, qu’elles soient prostituées, mères, âgées, sexy, innocentes ou muettes, elles sont somptueuses et féminines jusqu’au bout des ongles. Ces personnages apportent une chaleur inédite au genre, qui fuit toute violence.

Ce sont les qualités de cœur qui emportent le morceau. Il y a aussi les paysages d’Alger et de sa proche campagne. L’exotisme console des quelques facilités du scénario. Cette chronique ordinaire berce le spectateur et surtout lui offre une image différente de l’Algérie, terre généreuse, dangereuse et profondément délicate. Une vraie bouffée d’air frais, plus que dépaysante. Ce délice doit être dégusté sans aucune retenue !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 18/07/2007