Depuis qu’ils avaient les cheveux courts, Metallica était accusé de ne plus faire du metal. Juste du gros rock pour radio. Le quatuor revient aux bases et offre un vrai disque dévastateur. Et presque mélancolique.
En 1991, alors que le grunge secoue la planète rock, le black album de Metallica bat des records de ventes et fait du groupe, le fer de lance définitif du metal sombre et mélodique. Les choses se sont ensuite gâtées. Le succès a rendu soupçonneux les fans tatoués.
Dans les années 90, la bête de scène qu’est le groupe n’arrive pas à convaincre sur disque. En 2003, en marge de la sortie du mal aimé St Anger, sort un DVD où le groupe montre la frustration qui ronge les membres après des années de carrière.
Sublime documentaire, Metallica se livre sans compter et cela, Rick Rubin, l’a vite compris. L’ancien producteur de Def jam et l’homme des résurrections – Johnny Cash, Neil Diamond et bientôt Slayer – est convoqué pour sauver le groupe, armé du solide bassiste Robert Trujillo.
Comme pour beaucoup de ses artistes, le producteur réduit la production au minimum et coince les stars dans un confort réduit. Très vite, Metallica retrouve son style et ce neuvième album marque un retour aux bases.
A savoir un metal hargneux, speed et pourtant audible. C’est du metal enfin bouillant et écrit avec talent. Les guitares retrouvent le sens de l’harmonie, même si les chansons s’étirent très souvent autour des huit minutes. Elles révèlent une énergie que l’on avait oublié chez ces stars de l’industrie musicale.
Bien entendu, il faut savoir apprécier le genre, ce qui n’est pas évident. Ca tricote dur des solos à l’architecture compliquée. L’art de la double pédale sur les batteries peut laisser sceptique. Les paroles maudites du chanteur James Hetfield ont un petit coté kitsch.
En même temps que les musiciens, on peut retrouver un plaisir complice à écouter ces ébouriffants morceaux de choix ! Metallica a rendu hommage à leurs amis disparus, sacrifiés sur l’autel du sex drogues et rock’n’roll. Le repenti va bien aussi à l’auditeur, un peu honteux de retrouver des plaisirs coupables mais ici bien présents.
Les retrouvailles sont sincères. Ce disque nous envoie des bonnes nouvelles de la planète metal. Elles sont bruyantes mais vraiment réjouissantes !