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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Death Note 1 et 2

Death Note 1 et 2

Shusuke KANEKO

Tatsuya Fujiwara, Takeshi Kaga, Shido Nakamura et Erika Toda - Eurozoom - 9 janvier 2008 - 2h et 2h20

Et ta critique ?




Tirés d’un manga culte au Japon, les deux films en prise de vue réelle reprenant l’univers sombre de la licence Death Note sont inégaux, mais prouvent que l’on peut faire une bonne adaptation d’une bande dessinée en restant sincère.


Des politiciens véreux et des criminels de tous poils meurent de façon inexpliquée. Outre la joie des victimes, le malaise grandit au fur et à mesure que cette vendetta aussi expéditive qu’invisible (l’arme du crime est une crise cardiaque) se fait prégnante. Une enquête est aussitôt lancée par la police qui n’apprécie pas que l’on puisse faire justice soi-même.

Parallèlement, un culte prend forme autour d’une déité vengeresse nommée « Kira » (qui est la transcription japonaise du nom « Killer ») à qui l’on attribue les assassinats. Et au milieu de tout ça, ne croyant plus à un système judiciaire qui libère des coupables sous couvert de détails de procédure, un étudiant en droit reçoit un carnet tombé du ciel dans lequel il s’inscrit les noms des criminels qu’il exècre.

Il s’agit des mêmes malfaiteurs, coïncidence ? Le carnet étant lié à une entité démoniaque mangeuse de pomme qui semble mener la danse d’un air amusé, il n’y a pas lieu de le croire. Ce dernier, tout d’effets numériques vêtu, n’est pas si mal intégré par rapport aux acteurs si l’on compare aux autres expériences du genre.

L’étudiant, dont le patronyme Raito (« Light ») prendra tout son sens pendant le deuxième film dans un contre symbolisme parfait, verra sa destinée bouleverser le monde. Mais revenons à notre histoire.

L’hécatombe étant incompréhensible, on finit par faire appel à Interpol et à un mystérieux détective nommé « L ». Quand celui-ci se révèle être un adolescent boulimique mais extrêmement intelligent (à l’image de son rival), on prend peur.

Heureusement, le jeu du chat et de la souris pour intellectuels entre les deux protagonistes est plaisant à suivre. Chacun tentera de démasquer l’autre en faisant fi des cadavres qu’il faut sacrifier pour arriver à ses fins.

Si les deux longs-métrages prennent des libertés par rapport au récit original en éludant des personnages clés et des évènements afin d’en faire un ensemble compact mais cohérent, cela choquera sûrement que les fans les plus durs. Les néophytes, eux, ne se rendront compte de rien. En un sens, c’est une adaptation réussie pour une grosse production qui entend s’adresser principalement au grand public.

Hélas, les deux parties ne se valent pas. Le premier film est bien construit, maîtrisant savamment les ingrédients du polar en le modernisant, mais le deuxième ne sait plus trop comment conclure une intrigue devenue trop complexe et trop riche.

La surprise vient surtout des références subtiles au malaise politique japonais, pris dans la tourmente de l’extrême droite, et plus généralement au recours aux pires solutions face aux  problèmes que l’on ne peut résoudre. Heureusement qu’il s’agit d’une fiction et que notre ex-ministre de l’intérieur, appelé vers d’autres fonctions, ne pourrait utiliser un tel carnet pour améliorer l’indice français de la criminalité.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 11/01/2008