Les responsables de Saw s'essaient à un film d'horreur à l'ambiance très européenne. Si l'histoire fait plutôt rire, le traitement graphique est remarquable et mériterait une sortie un peu plus conséquente.
Vous n'allez sûrement pas entendre parler de Dead Silence, même si les deux auteurs sont les heureux propriétaires de la franchise rentable mais douteuse de la série Saw. Leur second film s'est planté au box office américain et la sortie chez nous, va se limiter à très peu de salles.
C'est franchement bien dommage. Dead Silence est un charmant film d'horreur qui se veut old school. Le réalisateur James Wan et son complice Leigh Whannel cherchent les vertus de ce vieux cinéma d'horreur, esthétique et simple.
Dead silence reprend un vieux stéréotype du cinéma de genre: la poupée tueuse. Après l'avoir reçue dans sa maison, Jamie retrouve son épouse morte, la langue arrachée. Ne comprenant pas ce qu'il se passe, il retourne dans son village d'enfance où les réponses sont nombreuses mais très étranges...
Le scénario est assez balisé pour que le spectateur ne soit pas vraiment surpris. La poupée, plus effrayante que Chucky, venge la terrible disparition d'une ventriloque connue dans le village. Rien ne surprend dans l'histoire de Dead silence mais cela semble fait exprès.
Loin de l'hystérie des Saw et de son serial killer bricoleur, James Wan soigne une ambiance froide et glauque mais servie par une superbe photographie.
Le film soigne les images et réussit malgré l'invraissemblance du scénario, à créer une certaine tension, pas désagréable car tenu par des décors et des lumières très inspirés.
Wan et Whannell cherchent et trouvent un esthétisme joliment daté, hors du temps. C'est vrai que l'on pense beaucoup aux films d'Argento ou Bava. L'efficacité disparaît au profit de quelque chose de moins identifiable et plus immersif. Graphique, rappelant les bandes dessinées des années 50-60, l'oeuvre s'adresse aux sens plutot qu'au cerveau.
C'est donc une petite série B passionnée qui va être sacrifiée à une sortie totalement injustifiée. Des distributeurs seraient dignes de recevoir des poupées énervées du couteau à la porte de leur bureau.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 20/11/2007