Après le succès plus que modeste de Night Watch, voici la suite du plus bordélique film de science-fiction jamais vu. Véritable succès Outre-Volga, il ne dément pas son héritage et fait passer du Dostoïevski pour Martine va au Kremlin, le style en moins.
Le combat entre l’ombre et la lumière touche à sa fin. Les protagonistes sont tous au rendez-vous et une craie un peu particulière sera l’objet de toutes les convoitises. Le débonnaire Anton sauvera t-il le fils qu’il a abandonné au protecteur des ténèbres ? Kostya parviendra t’il à se défaire de sa condition de vampire pour celle qu’il aime ? L’humanité est-elle condamnée à vivre ses derniers instants?
Tant de questions qui trouveront une réponse dans Day Watch si l’on est en mesure de les comprendre. En effet, ceux qui n’ont pas vu le premier épisode devront passer leur chemin. Les autres saupoudreront leur pop-corn d’aspirine et tout devra être bien frais en mémoire, car il n’y aura pas de leçon de rattrapage. Vous êtes prévenus, l’enchaînement d’événements chaotiques qui constituent ce film se révélera fatal aux neurones fatigués.
Si l’histoire est un peu plus compréhensible que dans le premier opus, c’est que les bases qui ont déjà été posées permettent au réalisateur de prendre plus son temps avec une narration moins fantasque. Cela lui permet aussi de travailler un peu plus la psychologie de ses personnages, aspect qui manquait cruellement jusque là.
Néanmoins, cela reste un véritable à foutoir à idées, bonnes comme mauvaises. Tout ce qui a fait les lettres de noblesse du cinéma fantastique se retrouve joyeusement mélangé, ingurgité et digéré en une pâte compacte.
Faire de cette dernière un ouvrage qui tient la route relève de la gageure artistique. Aussi, on ne fait pas dans le détail mais dans l’approximation. Malgré tout, cela marche efficacement, si l’on excepte des acteurs qui peinent souvent à convaincre, hésitant entre un jeu très américain et une dramaturgie de théâtre russe. Peut-être est-ce pour cela que les dialogues sont noyés dans un accompagnement musical quoi va de l’insupportable à l’incongru, enchaînant du speed metal à de la musique folklorique russe.
Graphiquement, les effets spéciaux sont beaucoup plus réussis que dans le premier volet. En phase avec ce qui ce fait de mieux dans le genre, ils permettent une immersion totale dans une Russie où cohabitent luxe et pauvreté, qui se retrouve en proie aux forces surnaturelles. On en finirait presque par tomber dans l’effet inverse où le beau devient ostentatoire.
A moins d’être un spécialiste de l’humour russe, la plupart des blagues passeront à côté du spectateur distrait, bien que l’internationalisation permette de trouver un langage commun (où les ténèbres utilisent MSN Messenger © pour accomplir leurs desseins).
Le film est à réserver aux amateurs de curiosités et à ce qui veulent constater qu’on peut faire du cinéma américain en gardant quand même son indépendance culturelle. Jusqu’à un certain point.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 22/01/2008