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Mercredi 23 Mai 2012Art-scène

 David & Edward

David & Edward

Lionel GOLDSTEIN et Marcel BLUWAL

du 19 janvier au 30 juin 2010 Théâtre de l'oeuvre - 75009 PARIS de 42 à 48€

Et ta critique ?




 

Un Michel Aumont impérial pour un Michel Duchaussoy inégal.

 

 

 

Le très bon souvenir de Michel Aumont dans A la porte en 2007 ne pouvait que donner envie de revoir ce grand comédien à l’Œuvre.

 

La pièce en deux mots : un veuf qui se recueille sur la tombe fraîchement refermée de son épouse découvre avec surprise qu’un inconnu vient la pleurer lui-aussi. Les deux hommes discutent, et de fil en aiguille, le mari apprend à connaître sa propre femme à travers le regard d’un autre homme.

 

« J’ai l’impression que nous parlons de deux femmes différentes ».

 

David & Edward est une pièce finement écrite et drôlement touchante. Elle parle de l’amour et de ses petites trahisons, de la vieillesse et du deuil, de l’image de la Femme en général (et de celle – odieusement réductrice - qu’un homme peut avoir de la sienne en particulier). On rit beaucoup, surtout grâce à Michel Aumont, irrésistible lorsqu’il raconte le désarroi d’avoir la « bite qui fuit ».

 

Bref, en plus d’être bien écrite, David & Edward est une comédie intelligente et l’on regrette un peu le manque cruel de jeunes personnes dans le public (est-ce parce que nous avons vu la pièce un dimanche en matinée que la moyenne d’âge des spectateurs se situait vers les quatre-vingt ans ?).

 

Les jeunes générations ne devraient pourtant pas se priver du plaisir de voir le grand Michel Aumont sur scène, tant ce comédien habite ses personnages et a une capacité à pallier les carences de ses partenaires. Ce fut le cas en 2005 dans Dieu est un steward de bonne composition, au Rond-Point - où Michel Aumont rachetait la mauvaise prestation de Claude Brasseur - c’est encore le cas, dans une moindre mesure, dans David & Edward.

 

Il faut bien, en effet, malgré tout le respect et l’affection que l’on a pour Michel Duchaussoy, reconnaître qu’il a un peu de mal à suivre le rythme d’un Michel Aumont qui semble rajeunir à mesure qu’il joue.


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 22/04/2010