Darling est tiré d'une histoire vraie : l'histoire calamiteuse d'une jeune femme qui a la poisse. Parents indignes, mari violent, tout et tous semblent faire leur possible pour lui pourrir la vie.
« Tes frères ont pas eu de chance, pourquoi que t'en aurais ? » lui dit sa mère. Et le moins qu'on puisse dire est qu'elle a raison !
Entre un frère épileptique et une mère qui la déteste, Catherine (alias Darling, son nom de cibiste) grandit au bord d'une nationale où passent des camions qui la font rêver, qui évoquent le voyage et surtout la fuite future de celle qui, c'est juré, « ne sera pas une paysante ».
Christine Carrière, la réalisatrice, dit du livre qui l'a inspirée : « Le ton décalé me troublait énormément. Le rythme du livre, l'humour et la distance, la poésie inattendue qui surgissait au détour d'une scène incongrue ». On sent que la réalisatrice a voulu transférer à l'image le ton du roman, mais le résultat n'est, à vrai dire, pas toujours probant.
Pour raconter l'enfance de Darling, la réalisatrice prend donc (malheureusement) le parti de rendre les choses peu crédibles : les costumes sont too-much, la narration trop « décalée », le brouillard trop artificiel.
Peut-être est-ce là une volonté de ne pas refaire Rosetta, et de rendre comiques les événements tragiques, comme pour les rendre plus supportables. Toujours est-il que le démarrage du film est poussif, semblable à un court métrage voire à un téléfilm trash.
Heureusement, les choses s'arrangent par la suite, probablement grâce au talent de Marina Foïs (et de Guillaume Canet qui n'a pas peur d'écorner son image en jouant un horrible macho alcoolique). Malgré des seconds rôles globalement assez mauvais, et des lieux de tournage qui sentent trop « le décor » et le cliché, Darling réussit à nous émouvoir tant son histoire n'est que trop vraie, presque trop dure pour être crédible. Et pourtant ce genre d'histoire se rencontre quotidiennement dans un quart monde grandissant.
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 24/11/2007