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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Dark Horse

Dark Horse

Dagur KARI

Avec Jakob Cedergren, Tilly Scott Pedersen, Nicolaj Kopernikus et Bodil Jorgensen - 2007 - 1h45

Et ta critique ?




En suivant un artiste lunaire et asocial, Dark Horse chevauche une poésie assez rare au cinéma. Sans budget, le film réussit à se rendre très précieux pour les amateurs de films atypiques.


Sa vie se limite à des graffitis. Daniel est un marginal qui prend soin de fuir toute responsabilité. Sans haine, sans engagement, Daniel ne veut pas être en contact avec la société. Il gagne mal sa vie en faisant des tags amoureux. Il traîne avec un copain obèse qui rêve d’être arbitre. Il vivote loin de toute contrainte. Et puis un jour, il tombe sur Franc, belle boulangère droguée.

Il se prend d’affection pour la jeune femme. Son quotidien bascule. Le film plonge alors dans une folie douce heureuse. Le danois Dagur Kari a visiblement beaucoup regardé les films de Jim Jarmusch et connaît sur le bout des doigts l’œuvre de Kaurismaki, influence majeure du cinéma nord européen.

Les influences sont visibles. Bricolé, le film est en noir et blanc. Le grain est grossier. Les plans sont très économiques. Dagur Kari va à l’essentiel et observe avec simplicité une bande de zonards attachants. Face à l’austérité de l’image, le réalisateur oppose une poésie urbaine séduisante.

Les exclus de la société danoise prennent leur revanche avec un humour gentiment vachard et parfois burlesque dans la pure tradition du muet. Sur un sujet limité, l’errance amoureuse d’un grapheur, le réalisateur profite de la légèreté narrative pour se barrer dans tous les sens.

L’intrigue n’est qu’une excuse pour un état des lieux plus large sur le spleen danois. Derrière son jemenfoutisme, Daniel cache bien des angoisses. Cet étrange désespoir est partagé par d’autres, tout en haut de l’échelle sociale. Le film s’éparpille volontiers pour défendre cette cohésion sociale basée sur le spleen. Le film n’est pas drôle. Il veut faire rire mais se sert de l’humour pour toucher un sujet plus grave.

Les digressions font le charme de ce tout petit film débrouillard. C’est avec ce genre d’œuvre loufoque, que l’on comprend l’importance d’échapper à un certain conformisme. Comme un petit bonbon, ce film est petit mais costaud.

 

 

 

 


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 21/11/2011