RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Dans ses yeux

Dans ses yeux

Juan Jose CAMPANELLA

Avec Ricardo Darin, Soledad Villamil, Pablo Rago et Guillermo Francella - Pretty Pictures - 5 mai 2010 - 2h05

Et ta critique ?




Il faut être argentin ou avoir l'esprit latin pour oser un polar romantique. Mais l'ambition est récompensée!


C'est un enquêteur au regard fiévreux. Il a la barbe noir et le regard bleu qui perce les âmes les plus sombres. Il travaille pour un juge et sous ses airs machos, il y a de l'émotion et du sentiment.

Le héros de Dans ses yeux est un vrai héros latin: massif, troublé et troublant. Il aurait dû vivre une belle histoire d'amour avec sa jeune supérieure qui vient d'arriver d'Harvard. Il est coincé par une histoire de viol et de meurtre d'une jeune femme mariée.

Nous sommes dans les années 70, l'Argentine est secouée par les multiples coups d'état et les affrontements politiques qui se règlent désormais dans la rue. Benjamin Esposito devient obsédé par cette affaire que la police veut rapidement classée.

25 ans après les faits, à la retraite, il y pense encore. Il décide alors d'écrire un livre qui ravivait des souvenirs mais aussi des sentiments...

Oscar du meilleur film étranger à la dernière cérémonie, Dans ses yeux a l'ampleur qui plait aux industriels d'Hollywood. C'est un polar et une histoire d'amour. Il y a un flashback qui donne de l'importance à l'Histoire. Il y a une musique mélancolique qui appuie sur les passages tristes. Il y a un plan séquence qui met à genoux tous les cinéastes techniciens américains. Et qui devrait impressionner le spectateur aussi.

Tout cela pourrait n'être que des défauts mais le ton romanesque emballe tout avec une verve salvatrice. Dans ses yeux est une oeuvre fiévreuse. Le tempérament ombrageux des personnages, la violence de l'Histoire, l'amour et la violence qui s'entremêlent, les clichés sont présents mais sublimés par une mise en scène captivante, de plus en plus joueuse avec le regard du spectateur.

D'ailleurs c'est le grand thème du film. Juan José Campanella joue habilement avec sa narration, s'interrogeant sur la réalité et la perception de la réalité. On est vite coincé dans une affaire sordide à la résolution labyrinthique. Les apparences sont trompeuses et les hommes surprennent à imaginer le pire. Les amateurs de film noir apprécieront malgré un final un peu longuet.

Heureusement, les comédiens argentins amènent tout l'aplomb nécessaire. Sur 25 ans, Soledad Villamil est une juriste à la séduction exceptionnelle. Ricardo Darin a un charisme incroyable et donne la réplique à un second rôle, le meilleur vu depuis longtemps, joué avec malice par Guillermo Francella, mélange alcoolisé du docteur Watson et d'Eric Idle, l'un des Monty Pythons.

Dans ses yeux joue sur des vieux poncifs avec une efficacité unique. On se souviendra longtemps de tous ses regards que le temps a rendu plus clairvoyant sur la nature humaine. Son classicisme est une grande force dont on n'attendait plus grand chose. Du bon cinoche comme on en fait plus!




Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 11/05/2010