La crise rend chevre salariés et patrons. Un bédé sauvage et drole.
Hubert a débarqué, il y a deux albums, dans une boite où toutes les angoisses liées au travail sont concentrées. Secondé par le placide James, Hubert rencontre un patron obsédé par les chiffres et des employés à la merci des idées farfelues de management.
Le rire est jaune mais réel. L'auteur suit l'actualité des entreprises et se moque d'elle avec ses animaux coincés dans leur open space. Ils imitent parfaitement les petites absurdités du monde de l'entreprise.Dans ce troisième épisode, la crise a frappé de plein fouet.
Tout le monde en parle. Le patron craint pour sa carrière tout comme ses ouailles, largués par les réactions de la rédaction. Pour l'occasion, arrive une équipe de télévision. Cela permet à James, excellent dessinateur de croquer la gestion de la crise par les médias et bien entendu les entreprises.
Ca ne devrait pas trop plaire au Medef, mais il taquine les tâtonnements du capitalisme et les réactions les plus mesquines. Il n'y a pas que les responsables qui trinquent. Les salariés sont aussi des ahuris qui en prennent pour leur grade.
Au fil des saynètes, James dépeint le masochisme qui existe dans le monde du travail. Le dessin est rythmé et le cadre des six vignettes affiche une grande efficacité. Les animaux singent parfaitement les hommes.
Le rire est salvateur. On s'étonne de voir James coller au tant à l'actualité et la réalité. Il nous fait rire de choses franchement anxiogènes. L'éthique, le chômage, le stress, tout y passe. C'est plus drôle qu'un documentaire ou une enquête de journalistes.
Satirique, on retrouve l'esprit des dessins de presse mais la forme change. C'est la différence. Toute ressemblance avec la réalité n'est pas fortuite. Au fil des tomes, on s'attache à cette équipe de bras cassés, coincés dans une vie de chien.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 19/09/2010