Une intrigue subtile, une réalisation parfaite et des acteurs au sommet de leur art. A l’instar d’adaptations cinématographiques de jeux vidéo telles que Street Fighter ou Mortal Kombat, vous ne trouverez rien de tout cela ici. Ci-gît un siècle de cinéma, paix à son âme.
On imagine aisément les producteurs se dire qu’il était impossible de se planter en adaptant un jeu vidéo de baston typiquement japonais avec des filles atteintes d’hypertrophie mammaire à moitié nues qui se foutent joyeusement sur la gueule. Il est donc de bon ton de les applaudir chaleureusement pour cet exploit d’avoir réussi l’impossible!
Replaçons le scénario dans son contexte. Un méchant organise un tournoi d’arts martiaux pour créer le combattant absolu. Heureusement une princesse japonaise à la recherche de son frère, son garde du corps autiste, une ninja aux cheveux violets, une catcheuse texane, une voleuse décolorée, et une fille en rollers cherchant à venger son père tuée par le méchant vont se mettre en travers de sa route après avoir combattu des vilains pas beaux mais très musclés.
DOA permet d’envisager ce que donnerait une version de Koh Lanta réalisée par Cauet avec Jean-Claude Van Damme comme conseiller technique. Le côté scatologique en moins.
Les acteurs et actrices rendent un vibrant hommage au jeu vidéo dont le film est tiré grâce à une plastique parfaite et une présence à l’écran digne d’une colonie de moules souffrant de la chaleur.
Entre plans ultra glamour détaillant la croupe de chaque héroïne et scènes de combat lénifiantes, on se demande si le film n’aurait pas gagné à être tourné en vitesse normale. A fortiori, sans les ralentis on aurait au moins gagné une demi-heure de vie supplémentaire. La réalisation dynamique au possible va vous faire regretter de ne pas être sujet aux crises d’épilepsie, histoire de ne pas avoir à subir l’intégralité de ce désastre.
Mais il ne faut pas être trop dur, D.O.A. n’a jamais eu l’ambition de révolutionner le cinéma, de fournir un divertissement de qualité ou de démontrer que l’on pouvait faire un bon film d’un matériau pauvre. En revanche c’est un très bon navet mal assumé qui réussit à être soporifique et à donner la migraine en même temps. Bravo les gars, mais maintenant au boulot pour l’adaptation du jeu mondialement connu qu’est le démineur. A condition d’être plus sélectif pour le casting cette fois.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 20/07/2007