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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 DIG!

DIG!

Ondi TIMONER

TF1 Video - 2005

Les commentaires

thom

Le 01/05/2009

une perle pour les amoureux du rock !

Et ta critique ?




Pour ceux qui n'en peuvent plus des chanteurs sans charisme, Dig est le vrai méchant doc qui doit être vu!


A l’heure de la promotion cadenassée et proprette, une œuvre comme Dig se révèle plus qu’essentielle. A la télé réalité et ses stars qui font où on leur dit de faire, on préfère toujours les âmes torturés pour qui l’effort de création peut être douloureux.

Ondi Timoner, la réalisatrice de Dig, nous rappelle que le bon vieux rock’n’roll existe encore. Il survit. Toujours sale, affreux et méchant 

Pendant huit ans, elle a suivi deux groupes talentueux américains. D’un coté, Le Brian Jonestown Massacre fait parler de lui à cause de son chanteur dérangé, Anton Newcombe, mais génial compositeur.

De l’autre coté, il y a les séduisants Dandy Warhols. Mené par le beau Courtney Taylor, le groupe connaît ses premiers succès. Connus sur la scène indépendante, le deux groupes s’apprécient. Les destinées ne seront pas vraiment les mêmes. Leur approche du rock n’est pas vraiment similaire !

Avec ses deux exemples, la réalisatrice fait la lumière sur les zones d’ombre du rock. Dans sa première partie, Dig révèle l’indélicate position de l’artiste, obligé de plier face aux compromis des maisons de disques.

Les Dandys ironisent sur la situation mais Anton Newcombe s’enfonce dans l’autodestruction au nom de sa liberté créatrice. Avec les années, cela se gâte. L’intimité de la réalisatrice avec le leader de BJM fait froid dans le dos.

Il y a peu de sexe dans Dig, mais il est beaucoup question de drogues et de rock’n’roll. Dans le rockumentaire, il n’y a que les vieux papys du rock qui parlent leur défonce. Frontalement, Anton Newcombe est victime, sous nos yeux, de ce vieux démon qui fait et défait les mythes du rock.

Ondi Timoner ne fait pas un film sur la drogue. Elle tente de comprendre la destruction d’idéaux et d’ambitions dans la production musicale. Elle décrit sincèrement l’angoisse d’artistes un peu paumés.

Newcombe devient une sorte de croisement toxique de Keith Richards et Brian Wilson. Malade, brillant, bagarreur, charmeur, fou et inspiré, ce bonhomme qui aurait dû vivre dans les années 60 se cogne constamment à la société qui l’entoure.

En face de lui le chanteur des Dandys fait un peu arriviste mais il fait preuve d’une grande intelligence. En presque deux heures, ces deux destins résument la grandeur et le décadence du rock. La réalisatrice ne manque pas d’humour pour aborder la violence d’un art commercial mais sincère. La réflexion est musclée et sans concession. Tant de vérités font de ce documentaire, une expérience unique. Depuis que le temps que le rock est mort, ce film nous fait définitivement penser : vive le rock !



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 26/08/2011