Après avoir conquis un public toujours plus nombreux avec La Phaze, de la dynamite en scène, Damny se lance en solo avec un album éponyme d’une étonnante noirceur.
Une voix de poupée dissonnante ouvre l’album avec « Again », un morceau qui susurre et murmure un chant d’outre-tombe. L’énergie de Damny est complètement intériorisée comme un serpent qui se cherche et se faufile entre douleur et rage. Ici bas, c’est l’enfer.
Les arrangements répétitifs d’ « Agnostique » sont là pour marteler dans la tête les rengaines de questionnements au rythme d’un bip cardiaque entre la vie et la mort. Damny chuchote dans un hôpital vide ou les visions borderline sont mises en avant avec une envoûtante justesse.
Le coma et les trous d’air sont les maîtres-mots de cet album fondé sur des imprévus et des bascules à demi-provoquées. Une recherche permanente de frontière entre réel et imaginaire. Une conscience entre deux eaux. Un flottement des sens ou voix et musiques se mélangent dans une ambiance de caboche embrumée.
Si le romantisme s’exerce, c’est vers la verticalité des nuages et l’espoir en une nouvelle vie partagée. Un au-delà rêvé. Une perpétuelle chute en avant dans un chant electro-rock atmosphérique.
Damny nous surprend. On découvre un chanteur posé et sombre, à contre-sens de celui de la Phaze, explosif et provocateur. Un album finalement cathartique, comme une respiration avant un nouveau départ en trombe. Un geste osé mais forcément teinté de sincérité et de fragilité.
On ne recommandera donc pas cet album aux dépressifs suicidaires qui cherchent l’extrême mais aux adeptes de l’abandon et du rêve, aux amateurs de sensations à risque capables de revenir dans le réel. Aux amateurs de volutes, de sensualité et de Morphée, avec ou sans morphine. A connaître.
Photos du concert de la Phaze
Sébastien Mounié
© Etat-critique.com - 15/03/2010